14 sept. 2018

L'anniversaire du paradis vert: Charade





“L’enfer vert” n’est autre que le surnom du fameux circuit du Nürburgring, le circuit de Charade a souvent été comparé à ce dernier par les meilleurs pilotes du monde, auto ou moto. 


Ayant 60 ans cette année, le circuit fête ses noces de diamant avec les passionnés de sport mécaniques. Différentes animations sont en place en ce mois de septembre, jusqu’au week-end entier de roulages de démonstration les 22 et 23 septembre 2018.












Caractéristiques du circuit

Pour comprendre les raisons de l’amour porté par les pilotes à ce tracé, il suffit d’en rappeler quelques caractéristiques.


Développé : 8,055 m
Nombres de virages : 51
Dénivelé : +179,48m




Sa particularité était d’être un circuit à sensations ! Plutôt long, il demande à être apprivoisé. Ses courbes rapides et son dénivelé en font un circuit de “gros coeurs”. Mais c’est sans compter son manque de dégagement - un classique à l’époque - en cas de sortie de piste, qui en font un circuit exigeant peu propice aux approximations.









Le circuit de Charade dit “de montagne” est connu dans le milieu de la course, mais sachez que Clermont-Ferrand a longtemps abrité un circuit dit “de vitesse” en plein centre ville. Aujourd’hui ce tracé comporterait 6 ronds-points !





Une exposition à découvrir



Pour vous retracer l’histoire du circuit, une exposition est accessible gratuitement dans le hall du conseil départemental jusqu’au 21 septembre, de 8h30 à 18h, du lundi au vendredi.

L’histoire du circuit y est détaillée sur des panneaux muraux riches en articles et photos de Paul Lutz, photographe historique des épreuves du tracé :


Le side-car et ses heures de gloire,  aujourd’hui parent pauvre de la FIM


Barry Sheene qui apprivoise le tracé Auvergnat

Aujourd’hui le simple billet du dimanche au GP de France Moto qui se déroule au Mans est à 62 €...

Vous pourrez y consacrer un peu plus d’1h afin de vous imprégner de toutes les informations. En vitrines sont exposés également des documents originaux.
Enfin, vous pourrez visionner 3 films avec des images de courses de voitures d’époque, pour plus de 35 minutes d'histoire.




Des véhicules à admirer

Pour monter en puissance et vous faire patienter, une exposition de véhicules historiques auto et moto sera accessible à la maison des sports du 15 au 18 septembre.





Un week-end anniversaire bien ficelé





Au programme :
  • Les roulages et les démonstrations auto et moto se succéderont avec des modèles uniques.
  • Des pilotes ayant marqués l’histoire des sports mécaniques, Giacomo Agostini et Jackie Stewart, seront sur place et se prêteront au jeu des dédicaces.
  • Vous pourrez y retrouver également un village d’exposants, avec stands et espaces dédiés aux clubs.

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28 août 2018

Qui va piano va sano ? *

*(Qui va doucement va surement ?)

Il était une fois l’été 2018, avec son air moite et sa chaleur écrasante, plus propice à l’envie de flâner sur les routes qu’à faire une course contre la montre. Le récent abaissement de vitesse à 80 km/h sur notre réseau secondaire enfonçant le clou, je décidais de partir en vacances avec la Duuucaaati.






Les kilomètres défilaient, le ronronnement du twin berçait mes oreilles (vive les acouphènes en fin de trajet), les vibrations massant mes articulations (aurais-je déjà de l’arthrose ?), son appétit de moineau préservant mon porte-monnaie (à défaut du reste !).





Quand soudain ...


Après plus de 1300 kms en  3 jours, ma partenaire de route décida de me laisser en plan sur le bord de la route.



Ressentant des légers ratés, j’ai d’abord mis en doute la précision de mon mouvement vis-à-vis de la poignée de gaz. Des fourmillements se faisaient parfois vivement ressentir, et les avant-bras étaient bien congestionnés d’être en appui prolongé. Après un petit kilomètre de vigilance, je m’aperçois qu’il n’en est rien, il se passe autre chose. Je l’ai vexée en prenant cette portion d’autoroute pensais-je, histoire de dédramatiser la situation ? Par chance, j’atteins une aire de repos. Après un rapide contrôle de la situation au ralenti, rien ne m’indique que je sois contrainte à stopper mon trajet, je prends la décision de repartir. Mais ma belle italienne en avait décidé autrement ! Pas moins de 3 kms plus tard, les symptômes se font plus francs, jusqu’à l’arrêt total sur la bande d’arrêt d’urgence... Compte tenu du niveau sonore ambiant dû au trafic, je ne parviens pas à entendre quoique ce soit en actionnant la clé dans le neimann ou quand elle parvient à démarrer et rester au ralenti. Je me décide à appuyer sur la borne d’appel d’urgence, même difficulté: il est compliqué d’entendre la voix de votre interlocuteur avec la circulation estivale.

En contrée inconnue et sous le soleil par 40°C, mais avec un téléphone portable chargé, une carte bancaire, un fond de bouteille d’eau  et une assistance « 0 zéro kilomètre », il en aurait fallu plus pour entamer mon moral. Je me surprends même à sourire, car en y repensant il s’agit de ma première panne depuis que j’ai commencé à rouler, il y a « quelques » années déjà !





Logistique
Quelques coups de fil plus tard, à mon assurance la Mutuelle des Motards et le service de remorquage de l’autoroute, mon dossier était pris en charge. A peine plus de 30 minutes au bord de l’ A85 pour voir arriver le camion de remorquage. Peu coutumier du chargement de 2 roues sur le plateau du camion, cela aura été l’occasion de donner les explications du fonctionnement du sabot au dépanneur #tutoexpress.


C’était un lundi, pas de concessions moto ouvertes dans les parages, la moto allait rejoindre ses voisines à 4 roues en attendant mieux. Petit garage implanté à Salbris (41), l’ambiance y est familiale, les voitures de collection nombreuses, et le tout respire la passion pour les belles mécaniques.

Pendant le transit vers le garage en question, ma correspondante de l’assurance aura gérer le dossier d’une main de maître. Elle aura passé pas moins de 21 coups de téléphone aux différentes agences de locations régionales pour me trouver véhicule, puis m’ affréter un taxi pour m’y amener. C’est donc dans une boîte à roues climatisée que je pus terminer mon trajet… Faute de disponibilité de véhicule de location dans l’urgence, je n’ai pas parcouru le chemin le plus court. En prenant en compte que le problème soit survenu à environ 230 kms de mon arrivée, la perte de temps était raisonnable: ayant planifié un retour en pays bougnat vers 16h, je ralliais mon camp de base en début de soirée.
Mais il restait à gérer la partie mécanique. En cette période de l’année, je suis arrivée à la veille de la fermeture annuelle du garage pour une durée de 3 semaines! Il fallait donc décider rapidement de la suite des événements : faire faire les réparations sur place chez un concessionnaire que je ne connais pas (sur Blois / Orléans / Bourges), ou bien aller la chercher et la laisser à un garage en qui j’ai confiance. Etre bien accompagné dans ces moments-là aide toujours à la prise de décision et permet de retrouver la tête froide plus vite.
Il est souvent aisé de se plaindre quand les événements ne se déroulent pas comme on l’espère. C’est pour cette raison que je souhaitais saluer la compétence de l’assistance mise en œuvre par l’assurance, et la gentillesse des personnes que j’ai pu croiser.




Explications du docteur
Le lendemain même, elle était rapatriée et confiée à une personne compétente de la région, j’ai nommé : M. Gardarin, spécialiste Ducati depuis plus de 35 ans et dont la réputation n’est plus à faire.
N’y cherchez pas les strass de certaines vitrines, ou une considération dépendante du cuir hipster que vous arborerez, le tout dans l’agitation du « m’as-tu vu » d’une zone commerciale. Mais admirez plutôt les 2 tables levantes, l’outillage ordonné et propre, les posters de courses dédicacés, un relationnel qui transpire la passion et un vrai service personnalisé








Une fois arrivée dans le temple desmodromique, le diagnostic s’est fait en 2 épisodes. Le premier fut réalisé dès la descente du fourgon, tant l’accès des SSie est simple: aucun outillage n’est nécessaire pour accéder au moteur et à la batterie en soulevant le réservoir. C’est d’abord le régulateur qui a été suspecté. Mais après remplacement de ce dernier et ouverture du carter d’alternateur, le bilan s’avérait un peu plus lourd. L’écrou de serrage du volant moteur avait décidé de s’émanciper, occasionnant un frottement du volant sur les bobinages (repère 1 sur la vue éclatée) et leur mise en court-circuit.
Ce point de contrôle faisait partie des choses à vérifier régulièrement sur les générations de motos précédentes (avant 2000, dans les gammes Supersport  et Monster, 750 à 1000cc). En toute logique, elle n’était donc pas concernée, compte tenu de la longueur de filetage supplémentaire et du collage de l’écrou, le problème reste exceptionnel. Après discussion avec M. Gardarin, un indice aurait pu me mettre la puce à l’oreille : le fait que l’aiguille du compte-tour reste à zéro au démarrage, le capteur de régime moteur étant à proximité (repère 12 sur la vue éclatée).

Les italiennes ayant la réputation d’être caractérielles, je ne pourrai plus aller à l’encontre de cette idée. Néanmoins je la soupçonne d’avoir choisi le moment et l’endroit, une petite panne acerbe pour me signifier qu’elle s’exprime mieux dans les cols auvergnats lorsque l’air est frais, que  sur les bandes de bitume rectiligne et surchauffé… La météo plus engageante et la douceur des températures automnales seront certainement plus propices aux escapades de la rentrée. Restez prudents, et bonne route !

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8 mai 2018

Épisode 1 - Reborn

MT-09 au Moto Tour 2017

2018, le printemps est bien entamé et l'été pointe le bout de son nez. Vous l'aurez remarqué, au cours de ce premier trimestre la moto était entre parenthèses. La vente de la MT-09 s'est accélérée quand je me suis enfin décidée à trouver sa remplaçante: j'avais un objectif donc la motivation était là.


Ayant eu la MT de juin 2017 à avril 2018, j'ai pourtant véritablement roulé d'août à octobre: en bouclant près de 12000 kilomètres en 3 mois et en finissant en overdose de "grand guidon". Certes la MT-09 est ludique et fonctionnelle, mais cela s'arrête là, c'est la "friendzone". 
Après 10 mois d'abstinence douloureuse, j'avais besoin de retrouver une sportive.




Le choix


Mon 2ème GSX-R, 1000 de 2008

Petit flashback, j'ai posé mes fesses sur ma première "vraie sportive à moi que j'ai" en mai 2007. Je ne parle pas de roadster avec des guidons-bracelets ou assimilés, ni autre roadster sportif, je parle d'une Suzuki GSX-R. Sans avoir décroché depuis, sauf pour l'intermède du Moto Tour l'année dernière, rester sur ce genre de machine était une évidence (je reviendrai sur le choix du type de moto dans le contexte de répression actuelle au cours d'un prochain article).

Mon cœur me disait de choisir le dernier GSX-R (à partir de 2017), mais mon porte-feuille ne partageait pas ce point de vue! Prendre un modèle plus abordable en occasion me renvoyait à acheter une génération que j'avais déjà possédé, mais également pas forcément aussi bien entretenu que je ne le faisais, ni rôdé par moi. Je m'orientais donc vers les autres machines qui me faisaient également de l’œil, j'ai nommé: l' Aprilia RSV4 et la Kawasaki ZX-10R. A l'époque de leurs évolution respectives (2011), j'avais été voir les deux en magasins, discuté avec les vendeurs et chef d'atelier, repartie avec la plaquette commerciale et même les prix négociés. 
Les épisodes de la vie ont fait que j'ai finalement choisi une, affûtée, Yamaha R6 d'occasion mais... pour la dédier à la piste et à la course, et sans regrets. Après trois saisons consacrées à cette unique pratique, on rembobine et on recommence.

D'un côté, l' Aprilia affiche une électronique de pointe, un look sublime, un moteur V4 caractéristique et rageur, avec son identitaire. Le tout rappelant le pilotage exemplaire de Max Biaggi, qui termina sa carrière en championnat du monde Superbike avec cette moto.

Max Biaggi dans ses oeuvres

La Kawasaki impose son 4-cylindres hurleur au calage traditionnel, propose les premières assistances électroniques sur les japonaises de série, des performances sur le papier qui crèvent le plafond, et une domination du bûcheron Tom Sykes à son guidon.

Mais voilà, même si mes premières recherches de trajectoires se sont faites au guidon d'une italienne de la firme de Noale, le son et le comportement moteur qui m'aura vu grandir est celui des 4 cylindres japonais. N'ayant jamais posséder une Kawasaki, repensant à Fast Sebil' qui me faisait rêver au Mans, les journées K qui reviennent, mon cœur se teinta de vert, et non pas en référence à Hulk... 

Bertrand Sébileau au sein de l'équipage n°11
(3ème pilote en partant de la gauche)
N'ayant en aucun cas la prétention d'en exploiter l'une plus que l'autre, les critères de choix demeuraient complètement subjectifs.

Après recherches, je me tournais donc vers cette ZX-10R :
  • Modèle 2011, l'avant dernière évolution dont j'ai encore la documentation commerciale;
  • 18100 kms au compteur, de quoi voir venir sur ce bloc qui a été entretenu;
  • D'origine, parfait pour me laisser m'exprimer en matière de modifications.


L'adoption


Trouver une moto dans ses critères de recherches imposent parfois de faire quelques déplacements. "Kawi", son petit nom, n'échappera pas à la règle: direction Mayenne (53), chez Planet Bike. Au départ de Clermont-Ferrand en train, les péripéties furent nombreuses. 

Le premier train qui avait 45 minutes de retard me fit rater la correspondance. Malgré un chauffeur de taxi dévoué pour rejoindre Montparnasse au plus vite, et mon sprint digne d'Usain Bolt: avec le sac dans une main et le casque dans l'autre, au milieu de la foule sur les quais un vendredi soir veille de pont; j'arrivais 4 minutes trop tard. Les négociations au guichet des réclamations SNCF pour échanger mon billet ont demandées une dose de patience certaine... Le TGV suivant accusait lui environ 25 minutes de retard, manquant de peu de me faire perdre la réservation de la chambre d'hôtel à Laval. Une fois mes affaires posées, pardon "jetées", sur le lit aux alentours de 22 heures, je suis très rapidement tombée dans les bras de Morphée. 
Merci à JP le boss, et au mécano de Planet Bike, qui fit taxi entre Laval et  Mayenne, m'évitant ainsi la navette en bus, les pros qui ont le sens du service existent encore.

Après une semaine sous-tension, qui se soldait par un parcours du combattant dans les transports, la rencontre avec ma nouvelle monture sonnait comme une véritable délivrance. Malgré la météo plus que maussade, même les pneus D211 GP Racer peu aptes à ces conditions n’entamaient pas mon moral. C'est avec le sourire sous le casque que je parcourais les 530 kilomètres de nationales pour rallier le Puy-de-Dôme. 



10 jours & 2500 kms plus tard


Le premier épisode de prise en main s'est fait en compagnie du "Twitto Gang West", descendu pour un week-end de 4 jours dans notre belle région; et le second par un roadtrip en Bretagne. Entre temps, j'ai aussi eu l'occasion de faire la comparaison sur les routes locales du Puy-de-Dôme que j'affectionne particulièrement (vous pouvez retrouver mes roadbooks sur Moto-Trip.com ).


En groupe, place de Jaude à Clermont-Ferrand

Pour moi, remonter sur une sportive est comme entendre une voix suave qui me dirait "Welcome home". 

La description du caractère moteur de cette Kawa' pourrait se résumer ainsi: 

  • très souple - voire creux (toutes proportions gardées) - sous 6000 trs/min, 
  • hargneux de 6000 à 10000 trs/min, 
  • explosif de 10000 trs/min à 14500 trs/min. 

Côté châssis, nous ne sommes pas sur un 600cc, mais le visuel massif qu'elle dégage est trompeur. L'ergonomie est vraiment bonne, elle est fine entre les cuisses et le placement à son bord autant que sur la trajectoire est intuitif. Il est à des années lumières de mon dernier GSX-R ou l'avant-dernière R1 crossplane, et je comprends mieux à posteriori l'engouement pour cette moto à sa sortie.


L' Auvergne et ses routes magiques

Le freinage d'origine avec les durites standards manquent de mordant à mon goût, c'est agréable... sous la pluie! Mais ça s'arrête là, rien ne vaut la combinaison : bonnes plaquettes en métal fritté et durites aviation (une fois de plus, c'est subjectif j'en conviens). 

Dernier point, le traction control (S-KTRC). Il se ressent et s'entend quand il agit. En plus d'être efficace, il n'est pas désagréable: testé, entre autre, dans le premier rond point entamé avec des pneus neufs non rodés.

Après plus de 700 kms dans la journée

Ce "Ninja 10R" s'avère être une machine capable de tailler la route, avec une bonne protection et un moteur ayant beaucoup de réserve, autant qu'une lame affûtée pour aller chercher le chrono sur piste... pour le peu que vous vous crachiez dans les mains. Mais ça, ce sera dans un autre épisode !


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8 janv. 2018

2018 - To Be Continued ...


Inutile de vous dire à quel point les semaines se sont enchaînées depuis le Moto Tour, à en juger par mon nombre de publications que je souhaitais plus nombreuses. Qu'à cela ne tienne, il est temps que je reprenne la plume au moins pour quelques lignes et pour vous exposer mes projets pour cette année 2018. 

Avant tout, je vais commencer par vous adresser mes meilleurs vœux. Au-delà de toutes les conventions, je les résumerai ainsi: ayez la force de mener à bout vos projets, n'attendez pas la chance, forcez le destin!

Margaux, une vraie inspiration... 


Flash Back


L'année, la saison, 2017 a été particulièrement riche, dense, intense, voire magique... J'ai participé à plus de compétitions que je ne l'imaginais douze mois en arrière: les 3 manches de la Women's Cup, le Moto Tour, et même 4h d'endurance en 25 Power grâce à Seb et Xavier. 

Ce calendrier au-delà de toutes mes espérances a connu des hauts, mais aussi des bas. Je n'en garde que des souvenirs émouvants et des leçons de vie. 


MERCI à vous, qui avez participé à la concrétisation de ces projets, vous tous: famille, amis, collègues, partenaires, équipiers, adversaires.

Crédit photo : La Bécanerie. Avec Lydia et Sonia


Marche avant


En solo au contrôle technique de Ledenon

La Women's Cup est reconduite cette année, avec 4 manches, et le Moto Tour devient le "Moto Tour Series", qui se déroulera un long week-end de mai sur l'île de beauté, autrement dit la Corse. Bel agenda sur le papier !


Pourtant je vous annonce que je ne participerai ni à l'un ni à l'autre.


La première raison est liée au matériel, je ne peux pas avoir une moto de course et une moto de rallye en même temps. Avec cela, il faut garder à l'esprit qu'il faut rouler un minimum avec les deux montures pour ne pas arriver sur les épreuves en mode "fleur au fusil". 


Côté piste, j'ai également pris la décision de ne pas reconduire une saison dans les mêmes conditions qu'en 2017. Quand gérer un rallye en solo avec une assistance prévue par l'organisateur peut être tenable, gérer une saison de course en solo ne l'est pas. Se greffer à un groupe, échanger nos compétences, y rencontrer des gens exceptionnels est une expérience unique, mais pas viable sur le long terme pour une saison complète. Et si on décide de le rendre faisable, c'est s'exposer à des grosses déconvenues en cas d'imprévus, qu'ils soient de notre fait ou pas.




Ma seule et unique compétition se fera donc au sein de la PoirsouilleET pour les 23H60 qui se dérouleront en juillet au Mans (une course de 4h en préparation sera également peut-être au calendrier, à confirmer !). Je me suis éclatée avec eux en octobre dernier, le boulot d'équipe était bon, et l'envie de recommencer dans leur structure est là !

Une équipe de choc en 25 Power



Ennui ?


Ne changez rien les filles...

Bien sûr, je mentirais en disant que l'arsouille avec mes copines de la Women's Cup ne va pas me manquer... Les heures à préparer la moto, la tension des départs, les circuits rapides, la semaine de course en fourgon... 
J'aime toujours les challenges, et cette année j'en aurais, mais ils ne seront pas sur piste. Je vais avoir besoin d'énergie pour concrétiser des projets auxquels je donne la priorité. 

Il y aura du personnel, avec une nouvelle moto et des nouveaux voyages

Il y aura du professionnel, dont la préparation au diplôme IWT (International Welding Technologist) qui nécessitera sur 11 semaines de cours sur Lyon, et au moins autant de préparation personnelle.

Même avec moins de drapeaux à damiers, l'année 2018 s'annonce passionnante, et je manquerai pas partager avec vous les nouvelles liées à notre passion commune.


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7 déc. 2017

L'Intercom, mi-ange mi-démon

Voilà quelques longs mois que l'utilisation des intercoms explose. Ayant fait un long break dédié à la piste, je ne m'étais pas penchée sur la question.

Pour ceux qui ignoreraient encore de quoi il s'agit, un intercom est composé de 2 écouteurs et un microphone que vous allez intégrer dans votre casque. Il se relie en bluetooth à votre téléphone, à votre gps, ou à d'autres intercoms; et vous permet ainsi de recevoir les indications de guidage routier, de la musique, la radio, de discuter avec les autres motards équipés dans votre groupe, ou encore de téléphoner. Les caractéristiques techniques (autonomie, portée, fonction, ergonomie) varient d'un modèle à l'autre, et ne feront pas l'objet de cet article. 

J'avais plutôt un mauvais a priori sur le principe même de l'objet. Bon nombre des utilisateurs en sont pourtant ravis et avouent même qu'ils ne pourraient plus s'en passer. Sceptique, le fait de reprendre la route m'aura donner envie de tenter l'expérience et ainsi me faire mon propre avis.




"Music, Mister DJ" Une information de plus à traiter pour le cerveau




Le simple fait d'écouter de la musique en roulant à moto me heurte. Même si je mets moi-même un fond musical très régulièrement lorsque je prends une voiture, il faut garder en tête que cela est une source de parasitage. Pour en avoir discuter avec quelques représentants de la maréchaussée, c'est un facteur pris en compte lors des accidents. Tout comme la musique amène un soutien lors d'un effort physique, entraînement ou compétition (ce qui est d'ailleurs souvent interdit, et non pas pour des questions seules questions de sécurité mais aussi de "dopage"). Vous l'avez probablement expérimentez vous-même en allant faire un footing ou en faisant un long trajet routier, le temps semble passer plus rapidement. Je parle ici de la présence d'un fond sonore: il monopolise une partie plus ou moins grande de votre attention et, donc d'énergie. Si l'effet "boostant" est réel, le surplus de fatigue l'est tout autant.

Voiture vs Moto, loin de moi l'idée de relancer un débat un quelconque, mais il y a des contextes néanmoins différents. Si dans une voiture vous êtes entourés d'une carrosserie, d'airbags, et que vous subissez plutôt le trafic; c'est tout le contraire à moto. Vous devez être alertes aux événements extérieurs et dans les meilleures dispositions pour être acteur, prendre la bonne décision au bon moment, être au maximum de vos capacités.




Des dB, encore des dB...


En dehors de l'aspect concentration, il y a également la notion de décibels. Contrairement à ce que j'avais pensé avant d'essayer, les écouteurs des intercoms sont loin d'être isolants au même titre des intra-auriculaires par exemple. On n'a donc pas cette sensation d'être coupés de l'environnement. On entend encore la moto, le vent dans le casque, ou la sirène d'une ambulance. Je parle bien de "sensation", car même si  on entend certaines choses parmi le brouhaha musical,  c'est parfois plus proche de la devinette. On perçoit un son extérieur différent et il faut se concentrer pour l'identifier, ce qui a pour effet d'augmenter le temps de réaction. 
De la même manière, on n'entend plus certains sons. C'est peut-être très personnel, mais j'aime entendre la moto dans sa globalité. Je ne parle pas des intellectuels qui font des rupteurs sous les ponts... Je parle d'entendre le moteur pour distinguer s'il est encore froid ou pas, entendre la chaîne pour savoir s'il est encore assez graissée et tendue, entendre les plaquettes au freinage qui m'indique la température de fonctionnement atteinte ou non, etc... Ce genre de "détails" qui n'en sont pas pour moi, et que l'intercom m'occulteJe préfère préciser que je n'avais pourtant pas mis le volume à son maximum, mais juste suffisamment pour continuer à reconnaître le morceau. 
Dernier point que je trouve révélateur: suite à une panne de batterie, la musique s'arrête et là... ça fait du bien quand ça s'arrête! Le "simple" environnement sonore de la conduite est assez élevé et intrusif pour ne pas avoir à en rajouter. A terme, la fatigue n'est pas insignifiante, tout comme la dégradation de l'audition.



Pas seulement un gadget, mais aussi un outil



Plutôt afficionados de la carte Michelin, ayant eu la France à traverser sur une journée par les petites routes (Quimper - Lisieux - Clermont), je me suis dit que le gain d'un guidage vocal pouvait être significatif. C'était donc un test grandeur nature: le téléphone en mode gps dans le blouson, et uniquement le guidage vocal dans l'intercom. J'ai essayé tantôt Google Maps, tantôt Waze. La qualité du guidage est bien sûr lié d'abord au logiciel et non à l'intercom en lui-même. Ne pas avoir le visuel de la carte sous les yeux n'est pas un soucis quand les indications vocales sont bonnes. C'est le cas de Waze, qui a un bon temps de réaction et une description du trajet vraiment parfaite pour s'affranchir de la cartographie. Dans cette configuration, c'est un réel confort d'avoir les indications de trajet. Le parcours se faisant sereinement, j'ai apprécié d'avoir pu me concentrer sur le reste: la conduite dans les endroits denses cet été, ou le paysage à découvrir dans les coins plus reculés.


Il me reste une autre fonction à tester: la communication entre motards. En effet, si vous êtes plusieurs à posséder un intercom dans le groupe (et si leur connexion est compatible), vous pourrez discuter entre vous. C'est aussi valable avec votre éventuel passager. Là aussi, je devine un gain de confort significatif et un vrai gain de sécurité. Plus besoin de remonter le groupe tant bien que mal, faire des gestes parfois mal compris, pour demander une pause café par exemple. Même constat quand il s'agit d'avertir sur un changement d'itinéraire ou un danger quelconque sur le trajet. L'usage de l'intercom dans ces situations est une évidence!




Est-ce que je le garde ? 


Je suis plutôt sensible à protéger mon audition, avec des bouchons de type "Alvis" qui permettent de filtrer certaines fréquences et sifflements, le gain de fatigue est d'ailleurs significatif. J'aime trop entendre ce qu'il se passe sur la moto, tout comme j'aime distinguer clairement l'environnement. Je reconnais qu'avoir quelques morceaux de musiques peut-être agréable, mais pas dans n'importe quelles circonstances. Dans le cas d'un usage de type "utilitaire" comme dans une voiture, où vous êtes sur un 2-roues mais à subir le trafic ou alors sur un long trajet d'auto-beurk fait par nécessité; cela peut éventuellement se concevoir. Mais en dehors, je suis convaincue du contraire. 

L'intercom est à mon sens un bon outil pour ces deux fonctions: communiquer avec son passager ou des motards du groupe, et profiter du guidage vocal d'un gps, pour mieux garder les yeux sur la route. 
Chacun saura prendre la décision qui lui convient le mieux, en fonction de son usage, que ce soit en type de sortie ou en durée. Mais ayez conscience des limites de cet accessoire et certains effets secondaires trop souvent occultés.


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