13 juin 2017

Humeur & Projets: Back to Basics

On dit souvent que toutes les bonnes choses ont une fin, on peut aussi parler de nouveau départ. Nous sommes à peine en juin, et pourtant ma saison de piste se termine. Le challenge Women's Cup s'est soldé par l'épreuve de Magny Cours au début du mois, après les manches du Mans mi-avril et Ledenon mi-mai. Ayant déjà eu beaucoup de difficultés à caser 3 petites journées de roulages d'entraînement au milieu, je perçois peu l'intérêt d'aller faire des ronds "pour faire des ronds" au cours des prochains mois, sans échéance ni but précis. Bien sûr cela me ferait plaisir, car j'adore rouler, je ne suis pas en train de renier cela. Ce serait l'occasion de continuer à travailler de nombreux points de pilotage, entre autre.


Ça passait, c'était beau


Cette saison aura mis en évidence le fait que je n'ai pas les moyens d'assumer un championnat complet et de le préparer comme il se doit. Je ne parle pas que de moyens financiers, bien que cela soit "le nerf de la guerre", il y a également un impératif de temps et de moyens humains. J'ai fait beaucoup de sacrifices pour arriver tant bien que mal à m'aligner sur 3 courses. Ce qui peut faire sourire: 3 courses quand le Promosport compte 8 manches de 2 courses chacune. Mais il est clair que c'était ô combien insuffisant et souvent à la limite. Adolescente je rêvais "simplement" d'essayer la piste, alors avoir pu concrétiser tout cela est déjà é-nor-me, huge, insane, WTF. Réussir à garder les pieds sur terre et remettre les choses dans leur contexte est nécessaire pour prendre certaines décisions. Une page se tourne, vers un nouveau chapitre. 



Pierre angulaire


Nous sommes dans un billet d'humeur, alors je vais m'étaler un petit peu. Ma pratique de la moto est à l'origine basée sur 3 choses, qui bien qu'ayant évoluées, sont restées fondamentalement les mêmes.

  • La télé que j'avais pu avoir dans ma chambre me servait à 2 choses: suivre le Tourist Trophy sur Eurosport (qui me fait toujours autant rêver, d'où le nom de ce blog), et les Grands Prix sur TMC avec les commentaires de Jean-François Baldé. Un magnétoscope me permettait d'enregistrer les courses et les essais et regarder encore et encore les trajectoires, les positions des "grands", au ralenti. L'ère du numérique, les GPS, la HD, le Slowmotion, Youtube, a révolutionné tout cela en mettant en évidence la donnée de base qui reste inchangée: les pilotes soudent la poignée.
  • Je ne voulais pas la même moto qu'un(e) autre. Que ce soit esthétiquement ou techniquement, je suis incapable de conserver une moto d'origine (à moins que ce soit dans une démarche restauration/collection). J'ai besoin de passer du temps avec elle, et pas forcément à son guidon. Résumer la pratique de la moto à sa seule conduite utilitaire est à mes yeux un non sens.
  • Sur route, je roule au feeling. Avant de partir, je cherche un point d'arrivée approximatif et en apparence sympa d'après la carte, grâce à des indications telles que le dénivelé et le nombre de virages. Je mémorise quelques noms de villages et numéros de route pour me repérer. Si à l'époque je glissais une carte Michelin sous la selle, aujourd'hui je charge le téléphone pour accéder à Google Maps au besoin. En dehors des virées de ce genre, chaque lieu que j'ai habité avait une route "de référence" à proximité. Vous savez, une route assez tranquille, avec des beaux virages qui pourraient se numéroter, qui pourrait se chronométrer, qui pourrait être l'occasion de tester des réglages, qui permettrait de peaufiner sa position et ses trajectoires, qui pourrait... être le point de départ de tout.


Eurêka


Alors comment concilier ses envies, ses moyens, sans frustration et ne pas laisser filer le train? Trouver un nouveau challenge, plus abordable sur le papier, un projet concret et réalisable, avec un objectif en ligne de mire. Ce serait quelque chose qui imbriquerait parfaitement les trois points énoncés plus haut... Mais quoi donc ?
C'est alors qu'une solution apparaissait d'elle-même: le rallye routier
Vous n'aviez quand même pas pensé que j'allais raccrocher la combarde comme ça? L'année est encore longue, et j'ai des projets plein la tête!

A suivre: la préparation de la moto dédiée.

Baby-6 au Mans, beaucoup de superbes moments à tes côtés
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5 juin 2017

Women's Cup 2017 - Etape 3 : MAGNY COURS

L'épreuve de Magny Cours soldait l'édition 2017 de la Women's Cup, à peine début juin, après 3 courses. Ce week-end nous étions donc les invités des 12H de Magny Cours, notre course se déroulant en ouverture le samedi après-midi à 14h30.


Avec Caroline et Rachel



Jeudi = essais libres and co


Comme à chaque week-end de compétition, le début des réjouissances était marqué par les séances d'essais libres. Ayant réalisé une journée de roulage le week-end précédant, la météo incertaine ne m'a pas convaincu de faire toutes les séances possibles. Je reprenais donc mes marques du dimanche en essayant de continuer sur la même dynamique. La piste offrait de bonnes conditions de roulage, et je décidais de rouler en pneus usés pour palper la glisse du bout des Pirelli, toujours prévenants dans ces circonstances.
Cette première journée était également destinée à répondre aux contrôles administratifs et techniques, ainsi qu'au briefing sécurité. Habituée à passer assez rapidement au contrôle technique, j'ai eu le droit cette fois de repasser pour une "contre-visite". En effet, mon feu arrière avait décidé de ne plus fonctionner. Après un check up du faisceau fait avec l'aide d'André, nous trouvions les cosses incriminées pour résoudre ce furtif soucis.



Le vendredi en mode qualif' 



Avec la première séance de qualifications, c'est souvent le début des choses sérieuses. Le paddock s'était rempli et tout le monde était prêt à en découdre - sportivement - en piste. La séance du matin aura été dans la continuité de la veille au niveau des chronos, et également techniquement. Après la petite contrariété du feu arrière, c'est à présent le frein avant qui réclamait une purge. Je rentrais avec un levier particulièrement mou, qui m'avait incité à la prudence au freinage d'Adélaïde . 
Avec l'aide de Cédric le mécano hors pair de GM Compétition, j'étais parée pour remettre du gaz à la deuxième séance de l'après-midi. Le feeling n'était pas mauvais, je m'amusais vraiment en piste, mais le chrono ne payait pas. La moiteur de la nièvre ne m'aura pas réussi, malgré un frein avant revenu à la normale, j'améliorerais péniblement pour arracher une 29ème position sur les 40 engagées. Assoiffée par la chaleur écrasante en rentrant au box, la déception aurait pu pointer le bout de son nez, mais il n'en était pas question car le meilleur restait à venir: la course.














Samedi: "Ready to Race"




Jusqu'à présent épargnés par la pluie, le vendredi aura été synonyme de consultation régulière de la météo pour voir ce que nous réservait le ciel à l'heure de la course le samedi. Comme souvent à Magny Cours, nous sommes passés de la canicule aux torrents d'eau. La pluie démarra aux alentours de 9h30 pour ne plus s'arrêter. Pendant la courses des Promo 600, nous changions les pneus et révisions les endroits les plus critiques dans ces conditions, autrement dit... presque partout. La procédure de course déclarée "wet" imposait 2 tours de chauffe et 9 tours de course (contrairement à 1 et 12 en circonstances estivales).
Ma position obtenue en qualifications me plaçait au milieu de la 10ème ligne, je n'avais donc pas beaucoup d'options: faire un bon départ, gagner des positions le plus possible, et surtout finir sur mes roues compte tenu des conditions délicates.
Romain, pilote reconverti gridboy

A l'extinction des feux rouges, la tension était à son maximum, une chute avait déjà eu lieu dans un des tours de chauffe, et le passage dans la première cassure se fit sur des oeufs. Mais les commissaires de piste avaient déjà du travail, à peine le premier tour bouclé, un drapeau rouge était sorti. Course interrompue le temps de secourir la pilote, nous repartions pour 6 tours après une nouvelle procédure de départ. Ce nouveau départ était dans le même ton que le premier, je parvenais à gagner quelques positions mais restait prudente dans les paquets lors des premiers virages. Dans ces conditions, le niveau de concentration requis rendait les tours particulièrement longs. La pluie n'était pas constante, la piste commençant même à sécher par endroit, tout en restant détrempée ailleurs, le tout avec une visibilité parfois aléatoire. Le plus délicat restait de trouver assez de grip pour accélérer sans finir dans le bac à graviers comme cela a été le cas pour de nombreuses concurrentes, dont 2 de mes amies - Lisa et Caro - avec qui je partageais le barnum-hospitality-atelier. Après une bonne bagarre avec Anaïs qui rappelait celle du Mans, nous passions le drapeau à damiers avec un immense sourire sous le casque, profitant du tour de décélération pour nous congratuler et saluer les nombreux commissaires de piste qui ont été vivement sollicités.

Je passais la ligne en 20ème position, et 13ème en 600cc, marquant ainsi 3 points supplémentaires au classement ffm.


Le bilan: une merveilleuse aventure


Brochette de compétition, les monture de Paty, Rachel, Caro, Bryan, Lisa, Marie et Kévin

Pour sa 2ème édition, la Women's Cup portée à bout de bras par Karine Sliz et Emma Clair a tenu toutes ses promesses. En plus d'être un challenge sportif, c'est également une merveilleuse expérience humaine. Arrivée seule au Mans avec mon barnum 3x3, une table et une chaise; je faisais paddock commun avec 6 autres motos à Magny Cours. Ce championnat 2017 est certes clos, mais je serai inconditionnellement sur les épreuves des amis et réciproquement... Bryan, Kévin, Lisa, Rachel, Caroline, Paty, Romain.




Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin



Je n'oublierai pas que si j'ai pu participer à ce challenge, c'est aussi grâce à mes partenaires qui ont été à mes côtés depuis les premiers entraînements: Acti Courses, Makadam Fitness Clermont-Ferrand, Motoblouz, Emac-Moto, UCAR Location, Carrosserie Borel&Tournaire, Alban Couderc Création, MAGE Offset, merci à eux; ainsi que les nombreux donateurs. Merci encore pour votre soutien, vos nombreux messages et conseils qui ont vraiment comptés à chaque instant. Les personnes sur place ou non, qui avaient le mot pour aider, ou la pensée positive à l'instant t, merci à vous, ne changez rien !


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23 mai 2017

Des étoiles au Bugatti - Moto GP


Les 19, 20 et 21 mai 2017 se déroulait la 5ème manche des Grands Prix moto, en France sur le mythique tracé du Mans. En 2013, j'avais pu assister à la course de Catalunya sur le circuit de Barcelone. Inutile de préciser quelle ferveur anime les ibériques, pour la moto d'une manière générale, mais plus encore à la vue des nombreux pilotes espagnols présents aux avant-postes. Je n'avais pas eu l'occasion de renouveler l'expérience depuis, jusqu'à ce week-end, grâce à Pierrot qui me cédait gracieusement son ticket! Quelques jours à peine avant le début de l'épreuve, il fallait quand même résoudre certaines problématiques telles que: l'emploi du temps, l'hébergement et le transport. Après quelques contacts, la solidarité motarde était au rupteur: Régis pour un matelas, Émeric pour l'hébergement et Romain & Marine pour le transport, me voilà donc en route pour le Bugatti. Ce vendredi 19 mai, environ un mois après la Women's Cup, le trajet m'aurait presque semblé familierLa route, la quantité de motards sur place, la météo capricieuse; il n'y a aucun doute, nous approchions bien du fief sarthois de la vitesse. 



Un samedi frisquet



Heureux de revoir Émeric le vendredi soir, la nuit aura été courte pour être présents assez tôt au circuit! Sur place cela tournera à une mini rencontre twittos avec Yann dès l'entrée, puis Cindy, Alexis, Fabien, William, Lu et le petit Louis.




Présents avec doudoune et parapluie, le soleil jouait le timide et autorisa même les nuages à libérer quelques gouttes de pluie. Le drapeau de changement d'adhérence présenté par les commissaires de piste pendant les essais aura refroidit les ardeurs de certains pilotes. Basés un temps entre le garage vert et le chemin aux bœufs, puis ensuite à la sortie du musée, le défilement des catégories réservaient son lot de surprise. 
Que ce soit en placement, en repère de freinage, en son, en style de pilotage, en... tout. Même du bord de piste à un point fixe, aucun doute à avoir, nous étions dans la cour des grands, rien ne pouvait surclasser cela. Y compris le prix des consommations sur place, près de 20 euros le burger, 8 le petit déjeuner et 5 la canette de Monster... Mieux valait avoir prévu son ravitaillement sous peine de devoir faire un crédit pour (mal) s'alimenter!





La génie de la lampe


Entre deux séances d'essais, j'ai retrouvé une personne que j'estime beaucoup, qui est très impliquée dans le paddock et qui avait revêtu l'habit du génie de la lampe à mes yeux lorsqu'il m'amène: un pass... le précieux sésame pour accéder aux dessous de la course. Dire que 72h plus tôt je me voyais dans mon canapé devant un player pour suivre les courses, alors que je me retrouvais finalement devant le camion du HRC dans le paddock du Mans. 
Inespéré ou surréaliste sont des faibles mots, et j'ai encore du mal à réaliser! Je croisais des têtes connues et moins connues: des pilotes qui font des aller-retour entre leur box et leur motor-home en scooter en zigzagant au milieu des journalistes et vip, des pilotes retraités - plus ou moins jeunes, des potiches; échangé un sourire avec un ingénieur de chez Michelin en évitant la cohue de fans devant le camion Yamaha. Le temps paraissait suspendu devant l'agitation du melting-pot qui faisait se côtoyer à la fois le sportif de haut niveau et le business man invité, qui voulait juste dire "j'y étais" en faisant le beauf devant la première caméra qu'il croisait. L'appareil photo restait dans ma poche, impossible de tout voir, tout ressentir, et shooter en même temps; je préférais errer pour en prendre plein les yeux et m'imprégner de souvenirs.




Des qualifications hautes en couleurs



Après avoir ravitailler, nous avons retrouvé Lu et fait un petit passage par la loge Shark/Bering: ambiance cosy, vue imprenable sur l'entrée de la courbe Dunlop, sortie des stands, et écran géant à proximité. L'occasion de revoir par hasard et avec plaisir Frédéric, le gagnant du tirage au sort pour le pass des 24h du Mans que j'avais rencontré le mois dernier.
Nous voilà aux premières loges pour suivre la qualifications Moto GP. Au cumul des FP1, FP2 et FP3, un bon nombre de tête d'affiche se voyaient dans l'obligation de passer par la Q1, dont Dani Pedrosa, Jorge Lorenzo, et notre frenchy Johan Zarco. La séance s'annonçait saignante, et elle le fût pour décrocher les deux places de repêchage. Johan Zarco nous aura fait transpirer, ovationné par le speaker et le public à chaque passage, nous étions suspendu au chrono pour le voir accéder à la Q2. Il nous a fait vibrer en Q1, et sauter de joie en Q2 quand il décroche la P2 pour le départ de la course du dimanche. Son chrono en pneus usés laissait présager un bon résultat, c'était chose faite: une première ligne au Grand Prix de France.




Des courses pleines de surprises



Vous connaissez les résultats, la chute collective en moto 3, la baston du jeune Marquez blessé en moto 2, la consécration des rookies Viñales et Zarco en Moto GP quand les piliers sont allés manger du gravier... Ce ne sont pas de ces surprises là dont je veux vous parler, mais des autres. Celles qu'on ne voit pas la télé, où qu'on perçoit trop furtivement. Ma première surprise a été l'affluence dès le début des journées, autant le samedi pour les essais libres que pour les warm up du dimanche. Même si le pic d'affluence demeure pour la catégorie reine, je pensais que la différence serait plus marquée, ce fût une bonne surprise. Dans le même registre, la "ferveur Zarco" est réelle. Le public se lève, l'acclame à chaque passage et scande son nom à chaque apparition. Là aussi, même si le palmarès de ses deux titres en moto 2 est superbe, on sait que le public français est dur voire ingrat, alors pourvu que ça dure! Et cocorico, nos 3 français engagés en Moto GP auront fini la course et marqué des points, respectivement 20, 7 et 1 pour Johan Zarco, Loris Baz et Sylvain Guintoli. On ne peut qu'admirer les pilotes qui donnent tout sur la machine, même avec une moto en retrait. A chaque tour on peut constater qui a fait l'effort ou non, sans subir le choix du montage prévu pour la diffusion télévisée.
Du côté des mauvaises surprises, cela n'en est pas vraiment une, mais ne peut pas être passée sous silence. Réunir plus de 100 000 personnes n'est pas un exercice simple, surtout sur plusieurs jours. Néanmoins, il y a des points poubelle partout, est-ce si compliqué de ramasser ses déchets et les déposer 50 mètres plus loin sur le trajet de la sortie du circuit ? Il suffit d'attendre un peu les départ de la masse pour se rendre compte de l'état des terrains et de la quantité de détritus laissés... On imagine aisément les heures de nettoyage nécessaires après une telle manifestation. Dans le même registre, quand le public siffle ou hue un pilote, ou applaudit quand il tombe; on ne va pas tarder à atteindre le niveau des "petits" supporters de foot... c'est triste.
Pour revenir au côté sportif de la course, on regrettera la transparence de Fabio Quartararo, que le public ignore et inversement. Pourtant titulaire sur tout le championnat moto 2, quand Sylvain Guintoli "simple" remplaçant sur la Suzuki était heureux d'être là et le rendait bien. Dernier point, le manque d'informations sur certains écrans géants, en matière de chrono et d'écarts en live, pour mieux suivre la course comme on peut le faire avec un live timing.


Du rêve, encore et toujours



Le Moto GP, le plus haut niveau de compétition moto avec des prototypes et des pilotes au sommet de leur art. C'est beau à voir et à ressentir, qui n'a pas frissonné aux passages des cadors? Merci pour ces moments magiques messieurs les pilotes, merci pour ces supers moments les amis, et tous les anonymes qui attendent les passages des motos sur le bord des routes. N'arrêtez pas; car arrêter de rêver, arrêter de vivre sa passion, est la mort de l'âme.

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16 mai 2017

Women's Cup 2017 - Etape 2 : LEDENON

Après un début de saison en ouverture des 24H du Mans, c'est au circuit de Ledenon dans le Gard que se déroulait la deuxième manche de la Women's Cup les 13 et 14 mai. Comme en pays Sarthois, le week-end de course - cette fois greffé au calendrier du WERC - a été... dense!




Essais libres du vendredi


Jeudi - Installation, brochette de R6 dans le Box n°20

Après être arrivée jeudi soir, la mise en bouche était servie dès le vendredi matin avec les premiers essais libres. Ayant posé furtivement mes roues là-bas il y a de nombreuses années, autant dire que j'avais à cœur de mettre à profit les 3 sessions proposées par l'organisation. Malheureusement, entre les conditions de piste humides, les drapeaux jaunes puis rouge, je ne bouclerais que 15 tours sur la journée. Certes économique en pneus et en carburant, cependant cela compliquait l'apprentissage de ce tracé. Virages aveugles, dénivelés, devers tantôt positifs, tantôt négatifs; Ledenon est un circuit à sensations fortes, avec peu de dégagements et qui ne pardonne pas les erreurs. Au terme de cette journée je restais sur des sensations mitigées, mesurant la quantité de travail de fournir pour les qualifications du lendemain.

Vendredi - File d'attente au contrôle technique




Le samedi et les séances de qualifications


En pré-grille de qualif' avec Rachel et Lisa

Des orages ayant été annoncés pour l'après-midi, la première séance de qualifications s'est avérée saignante en piste. Les plus affûtées côtoyant les plus novices, certains dépassement étaient sportifs, j'ai moi-même manqué de peu de percuter une concurrente dans la cassure avant la "descente du camion". Avec des séances ponctuées comme la veille par les drapeaux jaunes, j'ai cherché d'abord à m'appliquer sur les trajectoires sans pousser à tous prix et risquer la sanction. Le chrono descendait à chaque sortie, j'étais plus en confiance et plus concentrée. Le cumul des 2 séances qualificatives me plaçait 27ème sur les 40 pilotes engagées, ce qui me fit partir de la 9ème ligne à gauche.


Dimanche, jour de course


Pré-grille course - Focus
Le jour J, la tension était à son comble, après quelques hésitations de la météo  - le circuit se réveillant dans le brouillard occasionnant un décalage des courses de la matinée - les conditions  étaient finalement idéales en ce début d'après-midi. 

Le départ sera compliqué, restant un peu scotchée puis évitant une concurrente qui a calé sur une ligne me précédant. Après avoir accroché un paquet où je défendais ma place, quelques drapeaux jaunes ont été agités, jusqu'à l'apparition d'un rouge 2 tours plus tard (occasionnant donc une interruption de course). 
Le temps d'évacuer la blessée, nous repartions pour 12 tours après une nouvelle procédure de départ. J'ai alors mieux géré l'extinction du feu rouge et suis restée concentrée. J'ai pu grappiller une place supplémentaire lors d'un dépassement à l'entrée du triple gauche et franchissais la ligne d'arrivée en 19ème position, ce qui me place 12ème en 600cc

Réalisant mon meilleur temps du week-end dans l'avant dernier tour de course, je regrette de ne pas avoir pu venir m'entraîner sur ce tracé avant la course et je reste satisfaite de la progression effectuée en quelques jours.



Sur la piste mais pas seulement...


Après un début de saison au Mans et des nouvelles rencontres, les retrouvailles sur le paddock gardois ont tenu leurs promesses. Encore merci à Caroline Santelli, Rachel Pesin et ses parents, Lisa Agostini et ses parents, ainsi qu'à l'équipe Suisse des garçons qui envoient du gazzz et sont au top du panneautage! 
Certes absents physiquement, Xavier et Seb de la PoirsouilleET étaient sur leur week-end de course, merci encore pour le prêt de couvertures chauffantes. Egalement occupés ailleurs mais néanmoins présents pour dispenser leurs conseils, je tiens à remercier Denys Andrieux et Romain Rey. 

La vie de paddock

Si je peux participer à ce challenge, c'est aussi grâce à mes partenaires: Acti CoursesMakadam Fitness Clermont-FerrandMotoblouz.comEmac-MotoUCAR LocationUCAR Clermont Ferrand, Carrosserie Borel&Tournaire, Alban Couderc Création, MAGE Offset, merci à eux; ainsi que les nombreux donateurs. Merci encore pour votre soutien et vos nombreux messages !

Je vous donne rendez-vous les 1, 2 et 3 juin pour l'ultime course de la Women's Cup qui se déroulera à Magny Cours, en ouverture de la course des 12h.

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27 avr. 2017

Che Passione !


Après un traversée du désert de presque 3 ans et plusieurs mois de quête à chiner sur leboncoin, Baby-6 dédiée à la course va partager son box avec une congénère routière. Malgré le contexte du tout répressif et les coûts liés à la pratique de la moto qui ne cessent d'augmenter, la liberté du 2 roues me manquait trop, au point d'en cauchemarder la nuit.



Petite histoire du "pourquoi du comment" de mon choix, qui va certainement en surprendre plus d'un!




Aux origines


Quand j'ai passé mon permis A "gros cube", la loi des 34 chevaux (version MTT1 sur les cartes grises) venait de faire son apparition. Au niveau du choix des motos c'était du genre assez restrictif, plus encore que les versions A2. Et à moins d'attendre 2 ans sans rouler, chose qui était inconcevable compte tenu que je roulais depuis 4 ans sur des petites cylindrées, il fallait s'y plier. Parmi les élues de mon cœur, le choix final s'est fait entre la Suzuki SV 650 S et la Ducati 750 SSie. D'un côté je rendais quelques poneys en version libre MTT2, et de l'autre je rendais une partie cycle. Compte tenu de mes moyens, pas possible de payer la Ducat' qui affichait un écart de prix conséquent (+12000 frs). Best seller, le petit twin jap' à carbus' du SV me laisse de très bons souvenirs, autant pour son côté joueur que pour tout ce que j'ai pu découvrir avec.


Le choix, piste versus route


Au moment où j'ai converti ma R6 en version piste exclusivement, je cherchais malgré tout une moto de route en complément. Je regardais les petites annonces sans avoir de modèle précis en tête, je zonais aux rayons des occasions chez les revendeurs, en filtrant essentiellement par prix, écumant les vieilles -éprouvées- Honda CB 500, ou fades -fonctionnelles- Bandit 600, qui étaient les seules à la portée de ma bourse. 

Mais je bavais surtout devant des modèles plus exclusifs ou qu'on croise moins souvent au coin de la rue. Cependant il fallait faire un choix: se consacrer à la piste et y mettre un minimum de moyens, ou continuer en loisir de temps en temps avec une deuxième moto à côté. Le temps de la réflexion: les belles occasions s'envolaient, fin de l'épisode routier.







Un come back vital




Cette période d'abstinence routière à un guidon "à moi que j'ai" a duré près de 3 ans. Dans ce laps de temps des âmes charitables m'ont prêtées leur monture, et non des moindres: GSX-R 750, MT-09 Street Rallye, R1 Crossplane, XSR 900, ER6F; histoire que je ne perde pas la raison définitivement. Et je les en remercie encore, car à ce niveau là c'était de l'assistance à motarde en danger. Alors c'était décidé: en 2017 j'aurai une moto de route. 

Mais pour revenir sur les bandes de bitume réglementées, je cherchais avant tout une moto "plaisir", pas un gouffre qui m'endette x années auprès de ma banque adorée, pas un missile sol-sol qui fait strike chez l'assureur, ni une énième japonaise qui remplit les parkings des Dafy&co le week-end. Tout cela, ce sera pour plus tard - ou pas, qui vivra verra. 


Je voulais une européenne, une moto de caractère, avec des guidons bracelets impérativement et un châssis précis en priorité. Mais surtout: il me fallait une compagne de route qui répondrait à mes envies de Liberté si je décidais de partir en week-end sur un coup de tête, ou aller arsouiller dans les volcans d'Auvergne pour décompresser. Ce fût une révélation qui sonnait comme un retour aux sources: je voulais une desmo', et plus exactement une Supersport ! Pourquoi? Parce que ça faisait plusieurs fois que je passais à côté et qu'à travers les années cette bécane continuait à m’appeler, tant elle collait à mes envies.





Renaissance


Grâce au forum Planete-Ducati, j'ai pu affiner ma recherche en terme de cylindrée/modèle/millésime, par rapport aux éventuelles défauts et frais à prévoir. C'est ainsi que j'ai jeté mon dévolu sur une version 900cc de 2001 qui affichait un peu moins de 38000 kms et résidait dans la région toulousaine. Sans aucune fioritures, dans sa robe intégralement d'origine, seule sa voix avait été libéré avec une paire de silencieux Ducati Performance (à l'époque fabriqués par Rémus).



Elle et moi nous avons pu faire connaissance sur mon trajet de retour de plus de 400 kms entre Toulouse et Clermont-Ferrand, via Albi / Rodez / Chaudes Aigues / Saint-Flour / MassiacJ'ai pu apprécier un bon panel de conditions, autant routières qu'atmosphériques, de la petite départementale, des virolos à gogo, avec en amuse-bouche de l'interfile sur le périf' Toulousain et un petit bout d'autoroute fluide en dessert. 
Et qu'en dire ? Qu'elle est furieusement attachante. Ce n'est pas un monstre de puissance, mais ça tracte quand il faut, c'est fun et bien équilibré, avec une super partie cycle et un son divin avec ces silencieux. C'est simple: c'est encore mieux que ce que j'attendais (surtout avec une monte de pneus bâtarde quand je l'ai récupérée). Elle est intuitive, précise, agile au changement d'angle... On se régale et on enchaîne les trajectoires avec la banane, j'ai juste l'impression de l'avoir toujours connue. Sa position de conduite est souvent jugée trop extrême, et son pilotage exigeant pour la faire tourner. Je dirais juste que tout est relatif. Pour qui n'a jamais goûté aux sportives, c'est une excellente école du pilotage, sans être débordée par la puissance.


Caractéristiques d'origine


Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ! "
L'i-vre-sse-euh de la vi-te-sse-euh" #Maverick 
Je suis autant aux anges qu'en ayant récupérer mon premier GSX-R neuf il y a 10 ans maintenant.

Moteur
Bicylindre en V à 90°, 4 temps
Refroidissement : Refroidissement par air et huile
Injection Ø 45 mm
1 ACT, desmodromique
2 soupapes par cylindre
904 cc (92 x 68 mm)
80 ch à 7500 tr/min
8.1 mkg à 7000 tr/min
Rapport poids / puissance : 2.35 kg/ch
Boite à 6 rapports
Transmission secondaire par chaine 15x40

Chassis
Cadre Treillis tubulaire en acier
Réservoir : 16 litres
Fourche téléhydraulique inversée Ø 43 mm, déb : 120 mm
Mono-amortisseur Sachs, déb : 145 mm
Hauteur de selle : 815 mm
Empattement : 1395 mm
Poids à sec : 188 kg

Partie cycle
Frein avant: 2 disques Ø 320 mm , étrier 4 pistons
Pneu avant : 120 / 70 - 17"
Frein arrière: 1 disque Ø 245 mm, étrier 2 pistons
Pneu arrière: 170 / 60 - 17"


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18 avr. 2017

Le Mans - Esprit es-tu là ?

Après vous avoir fait le compte-rendu sportif de la Women's Cup, je voulais vous conter un petit peu plus l'ambiance annexe de l’événement.

La première fois que je suis allée aux 24h du Mans c'était en 2001, j'en garde un souvenir mitigé. La concentration d'individus fortement alcoolisés qui n'en avaient que faire de la course m'avait pour le moins laissée dubitative. C'était sans compter l'évitement chanceux d'un jet de bouteille de bière à mon encontre dans la nuit, le réveil du dimanche par un "congénère" vomissant tripes et boyaux sur notre toile de tente, ou encore la mélodie perpétuelle des rupteurs. Mélodie plus proche du chant du cygne de pauvres motos que je rêvais de me payer et qui agonisaient dans un camping boueux. La victoire des Messieurs Guyot / Dessauge / Scarnato, sur une Suzuki GSX-R à l'époque, était une maigre consolation. Bien éloigné de l'esprit de la course que je conçois, je m'étais promis de ne revenir que dans d'autres conditions, quelques "24H" et "Bol'" plus tard, c'est chose faite.




Carpe Diem


P2, 1ère ligne, en pitlane de la finale B avant le tour de placement.
Accéder au circuit avant les premiers essais qualificatifs, se promener dans la pitlane après la photo officielle des pilotes d'endurance, circuler dans le paddock "des grands", assister aux relais depuis les box des teams, et prendre part à une course d'ouverture sur ce circuit mythique; tout cela est une chance inouïe. 
Cette année, alors que je marchais sur la piste du Bugatti, je me remémorais mes rêves de jeune motarde, et en particulier celui-ci: un jour, essayer la piste. On oublie parfois ce dont on a rêvé et ce qu'on a accompli depuis; il est important de le garder en mémoire pour savourer chaque instant. Prendre part à une compétition est déjà la réalisation d'un rêve en soit. Et en ce sens, le paddock de la Women's Cup est très éclectique, de la pilote du dimanche occasionnelle arrivée sur le tard que je suis, jusqu'à la semi-pro' qui roule tous les week-end, en passant par des jeunes très prometteuses qui vivent à fond leur passion. L'ambiance reste sportive mais l'entre-aide est de mise en cas de besoin pour l'une d'entre-nous, humainement ou techniquement. 

Dans le box Falcon Racing, en admiration devant la ZX10R stocksport.



Anecdote


Cette année il n'y avait pas que des pilotes françaises au départ. Le jeudi midi un couple s'exprimant à moitié en anglais et à moitié en italien faisait le tour du paddock en quête d'une couronne pour une Yamaha R6. Je sors ma caisse de pièces du fourgon, la recherche concerne une couronne en 44 dents. Il se trouve que j'en ai une, sur un porte-couronne complet. Mais je suis en train de manger et je n'ai pas envie de démonter, alors je la confie en l'état aux intéressés qui repartent avec un sourire soulagé. Intérieurement je pense à plusieurs choses: d'une part je me demande un peu si je vais revoir mes pièces, et d'autre part je me dis que pour monter une couronne en 44 dents, soit il s'agit d'un essai approximatif, soit la fille sait l'emmener et va faire péter un temps. Une vingtaine de minutes plus tard, on me ramenait mon porte-couronne, j'étais déjà rassurée sur le premier point. 

Par la suite, la première séance de qualifications donnera la réponse à mon autre interrogation. La pilote n'est autre que Rebecca Bianchi, une italienne qui fait des piges en superstock européen et qui claquera un chrono de 1'46"983 en course. Elle finira 3 ème au scratch derrière deux 1000cc et reléguera la seconde 600cc à plus de 1'42" au final, soit presque 1 tour! Bien sûr, en revenant à mon barnum dimanche matin, j'avais ladite couronne posée sur mon fidèle destrier. Chapeau Rebecca, c'était beau à voir.


Familia


De gauche à droite : Moi, Caroline, Rachel et Paty

Le paddock, ce microcosme où le temps s'écoule de manière différente, et où les personnalités sont exacerbées et sans (ou beaucoup moins) de façades. Même en s'étant quitté pendant des mois, on se retrouve comme si on s'était croisés hier, on noue de nouveaux liens autour d'un changement de pneus ou dans la file d'attente devant un commissaire de la fédé' grognon. Certains contacts perdureront, d'autres pas, mais les échanges sincères sont là et un simple regard suffit souvent à se comprendre.
Un évènement comme les 24h du Mans c'est aussi l'occasion de voir, revoir, rencontrer des amis et contacts, des connaissances de connaissances. Tous passionnés, cela permet de mettre des visages sur des noms ou des pseudos, rencontrer la clique des joyeux lurons avec Cindy, Stéphane, Cinthia, Marine... (pardon à ceux et celles que je peux oublier). Quel plaisir de revoir Marius Tabaries, le regard alerte et déjà à l'affût d'un guidon pour essorer la poignée, et Aurélie débordante d'énergie et de force à ses côtés.




Bien loin de l'image désastreuse véhiculées par les animaux imbibés de bière - relayée à foison par les journalistes; l'endurance et le paddock, c'est tout cela avant tout!



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