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7 juin 2021

Alternative au GPS: la carte routière

Depuis quelques temps, je me rends compte que l'utilisation de GPS - Guidage Par Satellite - est devenu la norme, même à moto. Il est soit utilisé via une application sur smartphone et un support ad hoc, soit avec un appareil dédié (TomTom, Garmin, etc) ou encore dernièrement en natif dans l'ordinateur de bord : on n'arrête pas le "progrès"!
En variante, on peut aussi trouver des roadbooks ("itinéraires" en français dans le texte) de type "rallye" dont j'expliquais le fonctionnement dernièrement ICI. Mais dans ce cas, point de carte, uniquement des points de repères kilométriques et des directions à suivre, que ce soit en version papier sur enrouleur ou version sur tablette.

Soit, mais force est de constater qu'avec tout cela, la lecture de carte n'étant pas innée, elle est de plus en plus délaissée et donc mal maîtrisée. Pourtant, tout appareil électronique aussi fiable soit-il peut finir par tomber en panne, être perdu ou volé. L'objectif ici n'est pas de débattre de ce qui est le mieux, ni d'engager une joute entre les pro et les anti GPS. Le but est d'appréhender la lecture d'une carte, papier ou numérique, en vous appuyant sur quelques principes pour renouer avec les bases de l'orientation. La première étape sera de trouver où vous êtes, et d'orienter la carte en fonction des repères cardinaux. Pour le reste, suivez le fil - d'Ariane - ci-dessous !
Cartes Michelin ou IGN, nous sommes bien pourvus pour palier à toutes les situations. A vous de choisir !


Échelle

Pour de la navigation routière, sur un secteur départemental ou régional, choisissez une échelle de 1:150000 ou 1:200000. Qu'est-ce que cela signifie ? Dans le cas de la 1:200000, cela veut dire qu' 1 centimètre sur la carte en représente 200000 sur le terrain, donc 2 kilomètres en réel à parcourir.
Extrait de Carte Michelin
Suivant la dimension de la carte, la lisibilité en sera affectée, donc choisissez le meilleur compromis pour ne pas vous mettre en difficulté inutilement. Imaginez par exemple d'avoir à la consulter, de nuit sous la pluie avec du brouillard, à la lampe frontale, avec les doigts gelés... Si les caractères sont trop petits, tombent sur le pli, cela vous donnera une raison de plus de pester. A contrario, si vous souhaitez une facilité de lecture, n'hésitez pas à vous munir de 2 ou 3 cartes pour ne pas sortir "du champ", au risque de vous perdre.
A titre d'information, les cartes IGN "bleues" qu'on utilise pour les randonnées pédestres ou vélo sont à une échelle de 1:25000, soit 1 centimètre sur la carte pour 250 mètres en réel.


Fonds

Suivant la couleur du fond de carte, cela va vous donner une indication sur l'environnement dans lequel le tracé se situe. On peut ainsi distinguer :
  • le blanc pour les plaines :
Source: Carte Michelin Régionale n°522
  • les ombrages légers pour les régions vallonées :
Source: Carte Michelin Régionale n°522
  • les ombrages forts pour les régions montagneuses :
Source: Carte Michelin Régionale n°522
  • les forêts sont elles aussi représentées grâce à un fond de couleur verte.


Types de route

Contrairement à Google Maps, vous allez découvrir une identité visuelle pour chaque type de route. La largeur des traits aura aussi son importance, chaque élément permettant de savoir au premier coup d'œil à quel type de route nous avons à faire. Si on devait le traduire en usage moto :

Source: Carte Michelin
  • Rouge rayé jaune (ou blanc) : Autobeurks ou assimilés, à éviter, sauf pour un trajet en "M.G.V" (ndlr: Moto à Grande Vitesse) du style des Hayabusa ou autre ZZR. Ou alors si votre seul objectif est de parcourir rapidement une longue distance point A -> point B, c'est toujours faisable mais gardez à l'esprit que la majorité des tronçons sont payants, et que le risque de somnolence est grand, même à moto...
Source: Carte Michelin
  • Rouge, Jaune : Nationales ou Départementales, qui sont à privilégier pour nous amoureux des chemins des écoliers en roadsters, sportives et routières, avec une largeur sécurisée sur 2 voies et un enrobé relativement propre. Remarque: certaines anciennes nationales très roulantes sont plus assimilables à de la voie rapide, donc fiez-vous à la sinuosité et au relief.
  • Blanche : En langage moto, c'est de la route à lapins, graviers, nids de poules, et autres surprises seront au rendez-vous. Si vous êtes adeptes de trail, de supermotard, ou encore scrambler, vous pouvez vous y aventurer aisément. De part leur état et leur largeur variable, ce type de routes ne vous permettra pas de tenir la même vitesse d'avance qu'une "jaune". Cela n'a pas forcément beaucoup d'impact sur une sortie dominicale mais sur une plus longue distance ou un voyage de plusieurs jours, l'impact au niveau de la fatigue sera réel.
    Source: Carte Michelin


Distances

Sans avoir besoin de sortir le curvimètre, cette petite roulette à pizza qui permet de suivre une route sur la carte pour mesurer la distance entre deux étapes, vous pouvez calculer votre trajet. En effet, grâce aux points placés, vous avez directement le kilométrage indiqué sans calculs. Magique non ?
Source: Carte Michelin
Il en existe de 2 types : les grands cercles, et les petits points., chacun décliné en couleur en fonction du type de route à laquelle ils s'appliquent. La valeur imprimée entre les deux repères identiques donne le kilométrage. La valeur entre deux grands repères est la somme des valeurs entre les petits.
En cercles bleus : 19 kms entre Murol et le Mont Dore
En hexagones orange : 4 kms entre l'intersection et le col
Source: Carte Michelin Régionale n°522

Indications à connaître

Les cartes Michelin, cocorico, sont assez détaillées et vous offrent tout un panel d'informations pour peu qu'on se donne la peine de les lire et de se référer à la légende. Parmi ces symboles, je vous propose un extrait de ce qu'il est utile de repérer au premier coup d'œil pour un motard.

Source: Carte Michelin
  • Les flèches de déclivité vont vous renseigner sur les pentes (moyenne <, forte <<, très forte <<<) qui laissent présager d'un terrain vallonné ou montagneux, propices aux virages, agréables à parcourir.
  • Les cols sont repérés avec une double flèche opposée >.<, au centre de laquelle vous trouverez la valeur d'altitude exprimée en mètres.
Source: Carte Michelin
  • Les traits bleus disposés en étoile sont à repérer, ils vont vous assurer une pause devant un panorama magnifique, l'occasion de prendre une photo ou d'admirer le paysage tout simplement.
Col de la Croix Morand, annoncé à 1401 mètres, avec point de vue
Col de la Croix St Robert, annoncé à 1451 mètres, avec point de vue également
Source: Carte Michelin Régionale n°522
Col de la Croix Morand, bien à 1401m et une vue à couper le souffle: la carte Michelin n'avait pas menti


Préparation de votre roadbook

Prendre le temps de se poser devant une carte n'est jamais du temps perdu. Cela vous permet d'avoir une vision plus globale en un coup d'œil de la zone à explorer ou à parcourir. Vous pouvez laisser glisser le crayon dessus également pour schématiser vos options de parcours. Pour tracer votre itinéraire, il faut définir : votre point de départ, votre point d'arrivée, les points d'intérêt que vous ne voulez pas louper, les ravitaillements en carburant et en alimentation. Après cela, laissez vos yeux se poser sur les différents points et reliez-les comme bon vous semble. Formuler ainsi c'est très simple, mais en réalité cela prend des heures! D'avis personnel, c'est une étape que j'aime beaucoup, qui permet de se projeter et s'approprier le voyage. Néanmoins je comprends que ce travail puisse vous exaspérer ou demander trop de temps, que vous n'avez pas vraiment. Dans ce cas, vous pouvez vous tourner vers des voyageurs expérimentés qui proposent leurs itinéraires à la vente comme BlkMrkt, avec une bonne garantie de satisfaction car ils ont été vraiment parcourus, ou des sites collaboratifs gratuits comme Moto-Trip, avec plus d'approximation où il vous faudra trier.

Pour en revenir à votre préparation, faites simple et soyez pragmatiques. Projetez-vous déjà sur la route pour imaginer ce dont vous avez besoin pour vous orienter :
  • repérez le numéro de la route, parfois vous n'aurez que les bornes kilométriques pour vous guider;
  • notez le sens à suivre, avec le nom de la ville importante du secteur, car les lieux-dits et autres villages sont rarement annoncés sur les carrefours;
  • notez la distance entre les étapes, même approximativement;
  • identifiez les stations service pour faire le plein et éventuellement acheter à grignoter en cas de coup de mou.
Quand aucune autre indication n'est là, une simple borne peut être salvatrice.
A ce stade de la préparation, pour sélectionner une route plutôt qu'une autre, ou si vous avez un gros doute sur son état, vous pouvez recouper les informations avec Google Maps en vue satellite. Cela peut vous éviter certaines surprises, mais ne cherchez pas à les supprimer toutes car c'est aussi cela le charme du voyage.
On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise sur le trajet.
Ici passage par une destination motarde bien connue : Porcaro !


Dotation minimaliste

Exit le support à prix d'or, la place occupée sur le guidon, le branchement sur le faisceau, la batterie auxiliaire, la communication avec un intercom, etc... Retour aux bases : une carte, quelques stylos, une fiche cartonnée.
Extrait de la carte Michelin Régionale n°522
Pour éviter de doucher le papier sous la pluie, de passer à travers avec le crayon ou qu'elle se déchire au niveau des plus, optez pour les cartes indéchirables et imperméables. Le motard peut-être jugé bourrin, c'est surtout qu'il évolue dans des conditions parfois délicates. Selon la loi de Murphy, un plan galère se déroule plus souvent de nuit sous la pluie et sur la réserve qu'en plein jour par un doux printemps avec le réservoir plein...

Ayez la carte à portée de main, dans une grande poche, un sac accessible ou sur le réservoir, et n'oubliez pas que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest. Bonne route !

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