14 nov. 2012

Halte au massacre

Le Salon de Milan a démarré, chacun y va de son petit scoop, faisant monter la sauce comme il peut à coup de teasing et de pseudos évolutions. Mais lorsque je regarde certains modèles présentés par les constructeurs, je reste incrédule; particulièrement devant les "nouvelles" gammes de cylindrée intermédiaire : 250, 500cc, 4-temps... poussif.


Mais c'est quoi ce bordel ?

C'est lourd, contre-performant, moins cher que les "grosses" mais hors de prix pour ce que c'est. Je n'y vois que deux possibilités d'usage : utilitaire, ou statutaire. Pour un oeil non averti, une Ninja flambante à la terrasse du café reste une Ninja, aux lettres de noblesse qu'on connaît... mais sans rien dans'l'sac.

Déjà consternée par la version 125 CBR, sensée être la remplaçante de la 125 NSR... tout comme la 125 YZF pour la 125 TZR chez Yamaha, elles n'ont en commun que le nom de la marque ! On notera que Suzuki a résisté à la tendance et n'a pas dénaturalisé son ex-gamme de RG et RGV, au détriment d'une part des ventes c'est certain. Les constructeurs suivent le mouvement de la législation, et du nouveau permis A2 (limité à 50ch), ils "répondent au marché", qui blâmer ? 
Aujourd'hui voilà qu'il existe une Kawasaki Ninja 300 (39 ch, 172 kgs, 5000 euros excusez du peu !), une Honda CBR 250 (26ch, 161 kgs), une Suzuki Inazuma 250, et même une 500 CBR (annoncée à moins de 50 ch, et approximativement 170 kgs à sec). Quand on repense aux 130 kgs des 125cc 2-temps, développant un peu plus de 30ch (dans leurs versions débridées), il y a un monde.


Pour ou contre ? Pour, mais pas comme ça !

Non je n'ai rien contre les moyennes cylindrées, restant même persuadée que c'est un compromis intéressant, mais pas en l'état. Les gammes de 400cc existent depuis longtemps au pays du soleil levant, la faute à un permis plus distinctif qu'en France, jusqu'à aujourd'hui. Deux des rares modèles importés était le roadster Suzuki 400 Bandit et la sportive Kawasaki ZX-R 400. Une GSX-R 400 a également existé, mais jamais importée en France, elle annonçait 59ch pour 153 kgs à sec. 

400cc importés : Suzuki 400 Bandit (54 ch / 165 kgs) et Kawasaki ZX-R 400 (75ch / 162 kgs)

Bien que rendant des performances supérieures à ce qui arrive aujourd'hui sur le marché, une bonne 125 2-temps plus légère leurs tenait déjà la dragée haute. Leurs principaux avantages étaient, administratif d'une part : pouvoir assurer un "gros cube" à moindre frais, et social d'autre part : s'affranchir de l'odeur tenace du 2-temps. Principale concurrente de ces 400cc, avant l'apparition des roadster 600cc : le best seller Honda CB 500. Utilisée à foison par les moto-écoles et elle aura même un championnat à son nom, faisant office de ticket d'entrée à la compétition pour beaucoup, comme la coupe Kawa auparavant.
20 ans plus tard, on pourrait espérer un vrai développement de cette gamme intermédiaire, reprenant les bases de l'époque avec les technologies modernes (matériau, traitements de surface, électronique, suspensions), mais au lieu de ça on voit apparaître des immondices low cost ou des sportives qui n'en ont que le nom.
Avouez que sortir 50ch d'un 500cc, faisant approximativement le même poids qu'un 1000cc développant lui 165 ch à la roue arrière; même en tenant compte des différences entre un bicylindre et un 4 en ligne, ça laisse songeur. Il est clair que la performance n'est pas l'objectif de cette nouvelle catégorie de machines, la mode semblant plutôt portée sur le look et la sous-motorisation, appuyée à grand renfort de normes anti-pollution et de politiquement correct.

Conseil

Toi jeune pilote qui débute, si tu n'as pas peur de te salir les mains de temps en temps et que tu ne veux pas te traîner un pareil boulet : cherche un 2-temps d'une dizaine ou quinzaine d'années entretenu par un passionné. Argent tu économiseras, cales-pieds tu limeras, plaisir tu augmenteras.
 
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