31 oct. 2012

Nausées matinales...

Bien que ce titre soit évocateur des prémices biologiques d'un heureux évènement chez la femme, cette fois-ci il n'en est rien. Pourtant je ressens régulièrement les mêmes symptômes lorsque je me rends sur mon lieu de travail. D'une part, j'ai honte d'avouer que je suis à ce moment-là en boîte à roues au milieu de mes congénères frustrés au volant. D'autre part, la circulation étant tellement amorphe (comprendre très dense certes mais très lente surtout); que cela laisse un temps non négligeable à l'observation. Bien que la nuit ait été courte, ou le poisson du sushi de la veille pas frais, mon malaise matinale ne vient pas de là. Il existe une espèce qui m'horrifie et parfois me fait rendre mon jus d'orange sur le tableau de bord : LES SCOOTERS.

T Max, le modèle le plus volé, on se demande pourquoi !

Ma définition du scooter était celle-ci : Tas de plastique à 2 deux roues de 10" ou 13", à variateur, 50cc 2-temps, débridé souvent kitté 75cc ou 80cc, avec un "poumon", galets allégés et autres trucs nécessaires pour espérer accrocher les mob' ou 50 à boîte. Public visé : 14 à 18 ans avec de l'acné, champion du quartier du 100m D.A devant le Macumba Night ou le lycée. Je n'étais déjà pas convaincue à l'époque, entre la position, la conduite, le mot...quoi ? ,le look; je m'exerçais surtout à les griller à la moindre occasion. En général, à 18 ans le conducteur de scoot' passait le permis B quand celui en mob' se concentrait sur le A, révélateur.

Aprilia SR 50, fer de lance de la marque en 50cc

Aujourd'hui, cette espèce  a muté pour n'en garder que le nom. Quand j'entre chez mon concessionnaire préféré, il n'y a que "ça" et rarement l'ombre d'un GSX-R, au grand désespoir même du vendeur. Je ne saurais même pas comment définir cette nouvelle espèce : c'est gros, c'est lourd, c'est moche, c'est cher. L'équipement et la dégaine du scootomobiliste se résume à un casque jet Momo intérieur cuir quand ce dernier a un costume et des chaussures pointues, ou à un modulable Roof porté ouvert quand c'est le jogging qui est de rigueur. A force d'en voir, j'ai réussi à maîtriser à mes remontées gastriques; mais j'ai parfois le coup de grâce, un coup en traître, quand je passe devant la piste d'examen du permis. Je réalise alors que ces immondices nécessitent le permis A, qu'une grande proportion des gens que je vois au plateau ne conduiront une vraie moto que pendant une vingtaine d'heures : la kawette de l'auto-école. Je pourrais me consoler en me disant qu'au fond ils se foutent de la moto, mais je refuse d'être assimiler à ces individus. 
Et il n'y a pas que ça... Mon coeur saigne, ma voix tremble, mes yeux pleurent, quand je croise de vieilles connaissances qui ont lâchement largué leur sportive pour un tas de boue de ce genre. Inutile de se voiler la face, il n'y a pas d'arguments, vous êtes coupables :
  • Porter mémère : elle n'a qu'à se muscler et travailler sa souplesse;
  • Porter des dossiers : sac-à-dos, bagster, woopa; des solutions existent;
  • La vitesse : vu les performances des gros scoot' c'est une mauvaise excuse.

Alors mieux vaut en rire, être heureux de chevaucher un monstre à guidon-bracelets qui vous scotchent les yeux au fond des orbites en laissant une trace de pneu, sur le bitume.
***