6 nov. 2012

Prologue aux Gex

Il y a des motos qui laissent un souvenir impérissable; ce ne sont pas forcément les plus belles, les plus légères, les plus high tech, ni les plus puissantes ou encore les plus chères. Avant l'ère GSX-R, pour toucher du bout du doigts ce que pouvait être la philosophie du bloc Suz', j'avais choisi un best-seller : le Bandit.
  • Version 1156 cc, moteur du mythique 1100 GSX-R un peu assagi (arbres-à-cames et carburateurs); 
  • 97 canassons à 8500 trs/min;
  • 12.3 mkg à 4500 trs/min;
  • boîte 5;
  • 211 kgs à sec (et réservoir 19L);
  • Boudin de 180 à l'arrière;
  • Et... rien de surperflu.
Le ton était donné.

Abordable, fiable, discrète et surtout... quel moteur ! Pour résumer simplement, je dirais que vous êtes assis sur une grosse catapulte, à la balancer en mode "bûcheron" dans les virolos ou comme un (très) gros supermotard, le tout sans paniquer quand ça commence à gigoter. Oui car dans cette catégorie, on est loin d'un châssis moderne. Les suspensions sont molles, le freinage moyen, l'ensemble lourd, et la protection inexistante; mais on arrive à destination avec la banane sous le casque. En somme, il y avait deux modes de conduite disponibles : cruiser en 5, ou bien essorer la poignée en 2 et 3, le tout dans une position relativement confortable, avec ou sans passager; de quoi satisfaire un très large public. On comprends alors pourquoi cette moto a connu un tel succès.

Mon ex-Suzuki Bandit 1200 de 97
J'ai toujours un petit pincement au coeur quand j'en reparle... C'est qu'avec un amortisseur EMC, des nouveaux ressorts de fourche, des durites aviations, des pneus tendres et un Yoshimura; la belle dansait bien en plus de chanter haut et fort. A l'époque j'étais obligée de la faire couchée dehors sur le trottoir, accrochée comme un chien abandonné à un poteau, ce qui ne m'a pas fait passer que des bonnes nuits. Le fait le plus marquant aura été de vociférer par la fenêtre envers un type saoul qui urinait sur ma roue avant, malheureusement véridique ! Sans être adepte des stations de lavage haute-pression, vous comprendrez que je fis une exception cette fois-là.
Trajets boulot-dodo, vacances, arsouilles; elle fût fidèle en toutes circonstances. Preuve en est que je ne suis pas la seule à qui cette moto manquait : je l'ai revendue à la personne à qui je l'avais achetée 20 000 kms plus tôt. Ayant même eu un projet de transformation en Café Racer, j'étais convaincue qu'un moteur de ce type dans un châssis sportif avec des guidons-bracelets ne pouvait que me combler.

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