29 févr. 2016

Guignol et Gnafron ?

Cela faisait longtemps que je n'avais pas publié un petit coup de gueule... Je voulais parler un peu des pilotes - professionnels, et de la vision que nous - public, avons d'eux.




Les faits de la fin de saison 2015 ont accentué les différences de tous bords, à croire qu'il fallait impérativement être pro-Rossi ou anti-Lorenzo, là où avant il restait une tolérance motardesque chez les fans de Grand Prix (à l'inverse de bons nombres supporters de foot). Je pense qu'il n'est pas nécessaire de revenir sur ces affaires, cependant j'ai le sentiment que la vision de la course et de ses protagonistes, ressemble de plus en plus à un théâtre de marionnettes (ou à des péripatéticiennes du bois de Boulogne maquées aux sponsors...) qu'à une compétition. 




Tendance


Le résultat sportif n'est plus mis en avant. Faites un sondage parmi les non-motards autour de vous, qui connaît Johan Zarco ? Il n'est pas habitué au bac à graviers, ni au fond de grille, ni aux couvertures d'un quelconque torche-cul people; il n'est "que" champion du monde de la catégorie, pardonnez-le donc. Faites un sondage parmi les motards, la population motarde au sens large, les réponses restent... surprenantes.
Pendant l'inter-saison les médias spécialisés se régalent des essais hivernaux plus ou moins probants, à grands coups d'intox pour certains teams, en attendant de se jeter à nouveau sur la première incartade futile de la saison. Les pilotes ne sont plus suivis et regardés pour leurs pures performances en piste, mais avant-tout pour le spectacle clownesque qu'ils sont susceptibles d'offrir.


On ne fête plus la victoire, on se gargarise du wheeling. 
On se fout du freinage d'anthologie, on bavera devant une nouvelle déco' de casque. 
On ne retient pas que le pilote a battu le record de la piste, mais on sait qu'il n'était pas assez souriant à la conférence de presse.
On passe sous silence que la fourniture des pneus pose problème, mais on sait que le pilote n'a pas signé d'autographes entre son box et son motor-home.
Etc.


Vale' qui fait le buzz avec une énième déco
Jorge Lorenzo ne cache pas souvent ses états d'âme


Définition de base


Mick Doohan, souriant
à condition d'être 1er
Regarder une course n'est pas aller au cirque pour voir des gentils toutous sauter dans des cerceaux. Les pilotes sont des athlètes dont le but est de boucler les tours de piste le plus rapidement possible, et à nous de savoir admirer leur travail. On se délecte de trois quarts d'heure de course, c'est à peine le sommet de l'iceberg, l'aboutissement de la masse de travail, d'investissement et de sacrifices nécessaires pour en arriver là. Juger un pilote sur sa seule communication extérieure, avec le public lambda, et biaisé par la lunette - partiale - des médias... WTF ?! 

Seul le chrono compte, et qui franchira la ligne en premier, là est l'essence de la compétition. Ce n'est pas une course à l'applaudimètre, et heureusement!

Le taciturne Raymond Roche, champion du monde WSBK

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