19 sept. 2017

Bridgestone, Behind the scene






Vous n'êtes pas sans savoir que Bridgestone est une marque japonaise de pneumatiques leader dans le milieu moto. Ses références sont nombreuses, autant pour le motard routier anonyme que pour le compétiteur, avec entre autre ses années de présence à haut niveau tel quel les Grands Prix. 

Aujourd'hui investie dans le championnat du monde d'endurance (EWC), la concurrence est âpre.
A l'occasion de ce 81ème Bol d'Or, l'équipe Bridgestone a eu l'amabilité de nous ouvrir ses portes dans le paddock pour répondre à nos questions et nous faire partager leur passion de la compétition moto. 

Je dis "nous" car c'est grâce à mon nouveau partenaire Allopneus que j'ai pu accéder à l'antre du camion de la marque nippone, je tenais à vous faire partager cette expérience!






Philosophie au pays du soleil levant



Ce n'est pas sans émotions que monsieur Nico Thuy, responsable Bridgestone moto Europe nous livre la philosophie de la marque. Même si le rouge des chemises indique leur appartenance non réfutable, les personnes sur place dégagent une chose: la passion. L'implication de l'équipe qui en découle est palpable. Ce retour de la marque sur le devant de la scène en endurance est stratégique: donner le maximum en compétition pour développer des technologies qui seront mises à profit sur les pneus du quotidien. 

Ici Fabian FRANCOIS en pleines explications
L'endurance est une vitrine intéressante à plusieurs points de vue, d'abord de par l'utilisation des motos de série, ensuite par la durée des épreuves allant de 8h à 24h. Ces courses sont révélatrices de la fiabilité et la performance des produits que tout un chacun peut se procurer, l'identification pour le quidam en est facilité.


Le fer de lance de la marque demeure  la performance, le reste s'articulant autour de ce but. Au-delà de l'industrie pneumatique, la culture japonaise est basée avant tout sur la qualité, le résultat, avec la fierté de développer des technologies de pointe; cette forte marque identitaire se ressent chez Bridgestone.




La compétition: EWC



Pour cette course de 24 heures sur le mythique circuit Paul Ricard, Bridgestone équipait 7 équipes, sur la cinquantaine de teams engagés, dont 2 officiels. Cela peut paraître peu, mais permet de consacrer un réel temps d'assistance et développement.

Lors de l'épreuve de Suzuka, il faut savoir que la proportion de motos équipées en Bridgestone atteint 70%. Cette manche étant "à domicile" pour l'usine Bridgestone qui est basée à Tokyo, c'est une des épreuves les plus importantes de l'année pour la marque: elle est le laboratoire échelle 1:1. Les 8 heures de Suzuka sont particulières pour différentes raisons: on y retrouve de nombreuses machines de teams de pointe en superbike japonais (dont la préparation est plus poussée), les usines y apportent leur soutien direct, et de nombreux pilotes de grand prix y sont invités, retraités ou actifs. 

Le niveau de performance global à Suzuka est donc naturellement un cran au dessus de ce qui peut se courir en Europe. Le développement réalisé sur l'épreuve asiatique permet de proposer une amélioration sur les manches suivantes en Europe.



Des moyens adaptés


Pour répondre aux besoins des équipes et proposer le meilleur service, la marque se déplace avec les moyens ad hoc: plusieurs semi-remorques, nombre de machines à pneus et équilibreuses. Dans un soucis de performance optimales, les équilibreuses sont manuelles et les pneus sont préchauffés à 40°C afin de faciliter leur montage. Un bon résultat final est la somme de détails optimisés


Ce ne sont pas moins de 7 techniciens, 5 ingénieurs dont 2 japonais qui sont sur place et travaillent en relais pour être au cœur de la course. La firme japonaise est perfectionniste, elle se déplace avec un laboratoire qui lui permet d'analyser les pneus aussitôt démontés. En plus de la "lecture" de la gomme, la découpe et l'examen au microscope permettent d'observer le travail et le vieillissement du pneu, carcasse et gomme. Chaque détail y est analysé dans un double but: offrir le meilleur aux teams qui les utilisent (choix de gomme, réglages) et inventer le pneu du futur pour vous et moi.


Sur le devant de la scène


Sur une course comme le Bol d'Or, les teams privés utilisent les pneus disponibles dans le commerce, à savoir les V02. Eprouvés, sachez qu'ils tiennent jusqu'à 80 tours en gomme soft sur le tracé varois en conditions de course. 

Freddy Foray, testeur allopneus, sur la Honda n°5. Source: Moto Revue
Les teams officiels que sont le FCC TSR Honda France et le YART roulent avec des pneus de développement et bénéficient d'autres aménagements. Mais Bridgestone confirme qu'ils ne proposent pas de pneus de qualifications. Les pneus utilisés en séances de qualifications sont des pneus "course", l'idée étant de performer en course et pas seulement battre un record du tour dans l'absolu en qualifications. 

Concrètement, sur une épreuve de ce type, la structure arrive avec un choix de 4 gommes à proposer aux équipes. Les essais permettent de tester différents packages et réglages pour déterminer les 2 types de gommes qui seront utilisées en course. Le choix se fait en fonction du tracé, de la stratégie adoptée, des conditions extérieures, etc.


L'endurance, mais pas seulement


La marque s'intéresse également aux autres championnats, souhaitant continuer à se développer et être représentée en piste. 

L'appel d'offre concernant la fourniture des pneus pour les coupes de France Promosport se renouvelle tous les 3 ans. A ce jour les conditions dictées par les organisateurs ne sont pas en phase avec la marque. Il faut y comprendre: avoir la liberté de mettre en place les moyens nécessaires pour répondre correctement à la demande des pilotes; Bridgestone étant soucieux de la qualité de son travail plus que de poser son étiquette sur un évènement.

Sachez néanmoins que la marque est déjà présente sur les circuits français dans le cadre de la PMR  Cup! En effet, après le succès rencontré en 2016, grâce entre autre à l'investissement du pilote Stéphane Paulus, le championnat handisport comportait 4 courses cette année. Et c'est avec des pneus siglés du célèbre "B" noir et rouge que les pilotes prenaient le départ.

Stéphane Paulus, arborant un casque replica Wayne Rainey, ex pilote de GP paraplégique
Photo: Etienne Maurin

Encore merci à l'équipe Bridgestone qui a pris le temps de nous présenter leur travail et répondre à nos questions au cours d'un week-end de compétition bien chargé!

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