4 sept. 2017

Remonter en selle? Ils témoignent (2/2)

Afin d'étoffer concrètement l'argumentaire de mon précédant article, je vous propose deux témoignages, chacun acteur de part et d'autre de cette remise en selle. J'espère qu'ils sauront convaincre les plus réservés qui ont cette petite étincelle dans les yeux et à qui il manque un simple déclic. 

Merci beaucoup à Cédric et Stéphane pour le partage de leurs expériences!



Stéphane, on the road again


Du haut de ses 50 ans, Stéphane a repris le guidon en 2014 pour son plus grand plaisir, et ce malgré une longue interruption. Plaisir qu'il partage désormais avec sa femme, après avoir sillonné la France le nez au vent, ils ont même parcouru le tour de Corse au printemps!



  • " Bonjour Stéphane, quand tu as décidé de reprendre le guidon, cela faisait combien de temps que tu n'avais pas conduit de moto?
J'ai repris après 23 ans d'arrêt. Le déclic, c'est mon environnement professionnel qui est devenu un peu motard et puis mon voisinage. En plus les charges familiales ont changé.

  • Comment se sont passés les heures de reprise en mains à l'auto-école, pendant combien de temps tu as roulé encadré, tu as fait du plateau et de la circulation?
La reprise, c'est deux fois deux heures. La première séance avec un retour rapide sur la théorie et un peu de plateau pour revoir les basiques en 125cc, puis une heure de route en fin de séance.
La seconde séance a été avec une 600cc, sur route, en ville, et un peu de plateau. Et c'est tout!

  • Qu'aurais-tu à dire aux personnes qui sont dans un cas similaires au tien mais qui auraient des appréhensions ?
La reprise fait peur, il faut tomber sur un bon moniteur qui redonne confiance sur les acquis  en fait. Mais c'est comme le vélo, ça  ne s'oublie pas et  le plaisir revient vite! "




Cédric, formateur à votre service


Avec ses 36 printemps au compteur, Cédric est moniteur moto depuis 2008. Auteur du site Le Moniteur Hors Des Clous, pertinent et très riche en informations, il n'a de cesse de mettre sa pédagogie au service des usagers de la route. Il aime la moto, il aime le partage, c'est le combo gagnant pour votre remise en selle. Il a accepté de répondre à mes questions et nous livre son expérience en la matière.


  • "Bonjour Cédric, de part ton métier, tu as l'occasion de voir tous types de profils. Tu as déjà eu des motards comme Stéphane?
En effet! Du côté des motards sur le retour, beaucoup ont passé leur permis à une époque où celui-ci était plus accessible (le permis s'est nettement complexifié après le milieu des années 80, et encore davantage dans les années qui ont suivies) ou à un moment de leur vie, souvent dans la vingtaine, où ils bénéficiaient de plus de temps à attribuer à la moto. Certains l'ont même obtenu pendant leur période de service sous les drapeaux, où un tour de la caserne et un slalom des plus basique suffisait parfois à obtenir son permis.Avec les obligations familiales, nombre d'entre-eux ont mis en pause la pratique du deux-roues, que ce soit là-aussi pour des raisons de moyens ou simplement de temps. Une pause qui perdure parfois pendant plusieurs dizaines d'années, certains ne reprenant cette activité qu'une fois les enfants partis du foyer, ou dès qu'il disposent de plus de temps et d'un budget plus confortable.
Mais on peut aussi faire le rapprochement entre ces motards et ceux passant le permis moto sur le tard pour des raisons similaires, une fois retraités ou en fin de carrière professionnelle.

  • L'âge est-il une barrière ?

On continue de voir beaucoup d’inscriptions de quinquagénaires. J'ai même eu l'occasion de croiser le chemin de plusieurs sexagénaires, qui ne sont d'ailleurs pas les moins doués!
Pour information, l'âge moyen du motard / scootériste en France est de 46 ans (statistique 2012).

  • Alors concrètement, comment reprendre ?

Parmi les motards ayant mis la moto en stand-by pendant de longues périodes, une très grande majorité d'entres-eux reprend la route sans aucune expérience récente de la conduite d'un deux roues...
Les automatismes nécessaires sont mis à mal, et c'est sans compter sur les effets pervers que peut avoir plusieurs décennies de conduite automobile (distances de sécurité, placement sur la chaussée, comportement vis-à-vis des autres usagers, conduite "automatique" et panurgisme...).
La plupart auront également des difficultés à retrouver les bases propres à la conduite de la moto: gestion de l'équilibre, du poids du véhicule et gestion du centre de gravité, regard, dosage freinage avant/arrière, trajectoires et placements.
C'est pourquoi de nombreuses auto-écoles proposent ce genre d'ateliers de leur propres initiative, on trouve des stages parfois très élaborés, ajustés par rapport au niveau de chaque conducteur, comme a pu l'expérimenter Stéphane.
Parallèlement à ce qu'on peut trouver en auto-école, des associations comme la CASIM proposent également des stages conviviaux et pédagogiques, animés par des experts (parfois moniteurs, membres des forces de l'ordre...) et bénévoles formés. Et comment ne pas citer l'AFDM, qui propose également des stages post-permis réputés, également encadrés par des personnes sérieuses et passionnées. N'hésitez pas à les contacter et à exposer votre situation, ils seront ravis de vous aiguiller.

  • Quel conseil donnerais-tu à ceux qui hésitent encore à franchir le pas?

Dans tout les cas mon conseil sera de rester humble par rapport à ses capacités, savoir se remettre en question et ne pas hésiter à investir quelques centaines d'euros et un peu de temps dans une formation ciblée de qualité, ou à défaut dans quelques heures de plateau classique. Un bon moniteur saura vous aider et sera toujours de bon conseil !"

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