6 nov. 2017

Endurance: Les 4h de Villeurbanne

"Les 4 heures de quoi ?"



Le week-end dernier je prenais le guidon pour la dernière course de ma saison 2017. Il s'agissait d'une course d'endurance d'une durée de 4h, en catégorie "25 Power", qui se déroulait sur la piste de karting de Saint Laurent de Mûre (69). C'est grâce à la Poirsouille Endurance Team que je prenais avec un immense plaisir, mêlé de fierté, la place de 3ème pilote au guidon de leur Honda CBR 125.

Le "Petit Pois" équipé des pièces La Bécanerie

Dans ce type de courses il y'a 2 catégories de machines: les moins de 15ch et les moins de 25ch. Cela peut être une moto de type sportive, un supermotard, un scooter, propulsé par un moteur 2-temps ou 4-temps: l'essentiel étant de satisfaire à l'épreuve du passage au banc de puissance. Si vous pensez que cela ressemble à faire "mumuse" à tourner en ronds avec des jouets, je me permettrais de citer quelques noms des pilotes engagés pour vous donner une idée du niveau: Hugo Clere, Kévin Denis, Louis Bulle, Baptiste Guittet, Alan Techer, entre autre!
Mais je ne pourrais pas vous donner complètement tort, car un pilote reste un grand enfant qui aime faire des ronds encore et toujours, le plus vite possible...



Mode d'emploi


Briefing pilotage avec Romain



Si je devais lister les nouveautés appréhendées au cours de ce week-end, cela ressemblerait à ça:


- prendre part à une épreuve de type "endurance"
- rouler en équipe
- rouler sur une 125cc 4-temps
- rouler sur une piste de karting à moto
- rouler avec un gilet airbag
- rouler avec un coupe-circuit accroché à la main gauche
- rouler sur une Honda





Le programme était composé d'une séance d'essais libres et 2 séances qualificatives avant de se lancer en course, initialement de 30 minutes chacunes pour l'ensemble des 3 pilotes. Inutile de préciser qu'il ne fallait vraiment pas perdre de temps. N'ayant jamais roulé avec la moto, le team manager Michel me laissa le guidon 12 minutes au lieu de 10 lors de la première séance. Cela peut sembler faire peu de différence, mais étant donné que j'en découvre à chaque tour, chaque mètre parcouru en piste avec la moto est bénéfique. Sans comparaison possible au-delà du fait de posséder 2 roues, c'est plus qu'un grand écart que je dois réaliser pour m'adapter après des mois en R6 en course et en MT09 en rallye. 

Le samedi soir, après 22 min de roulage dont 10 de nuit (pour cause d'organisation approximative), j'avais une sensation entremêlée d'inachevé et de frustration, prenant la pleine mesure du travail à accomplir pour espérer aligner des temps corrects en course et répondre au besoin de l'équipe qui compte sur moi et m'a fait confiance.





La course


4 degrés sur place au réveil, après une ultime séance de qualifications le dimanche matin, nous étions placés modestement 39ème sur la grille de départ, sur les 43 équipages engagés. Le départ sera donné à 13h30, le guidon entre les mains de Xavier, qui laissera sa place à Sébastien pour le second relais. 

Partis pour des relais de moins de 30 minutes, la pression commençait à monter avec l'agitation des premiers changements de pilotes dans les stands. La première heure se déroule presque sans encombres. "Presque" parce que depuis la veille la moto a des coupures d'allumage inopinées. Après avoir mis en cause la bougie et l'anti-parasite, le problème n'était pas résolu pour la course. Cela nous obligera à actionner le coupe-circuit pour la redémarrer sur l'élan en roulant, dans un virage ou à fond de 5 dans le bout de droit, à raison de 5 à 6 fois par relais me concernant. 


14h30, l'heure de mon premier relais. Je me jette dans la meute, je continue à prendre des marques, à comprendre la moto, chercher la meilleure manière de passer en courbe et me tirer la bourre avec quelques concurrents de notre catégorie. Quelque soit l'engin, arriver à 3 de front sur un freinage procure toujours autant de sensations! Sensations en paquet qui me feront rater le panneautage du retour au box pour laisser le guidon à Xavier... Je rentre avec quelques minutes de retard sur le plan après avoir vu - enfin - le panneau "BOX" agité vigoureusement par Aurélie! Mea culpa la team, je cherche assez peu les informations de panneautage en temps normal en vitesse (et n'ayant tout simplement eu aucun panneautage cette saison). Merci à Xavier et Seb pour leur indulgence, ainsi que leur régularité implacable dans les relais.

La mi-course est passée, je remonte en selle. Quelques minutes après avoir repris le guidon, les premières gouttes d'eau apparaissent sur mon écran. La piste est encore sèche, mais les drapeaux jaunes se multiplient, la croix de Saint André nous est présentée par les commissaires et je suis finalement panneautée de rentrer. Arrivée en box, ce sera le moment de cafouillage du week-end. En effet, les roues pluies ne sont pas dans le box mais elles sont restées sur le paddock. Loi de Murphy, lors du montage on constate que la roue arrière ne prend pas la place qu'elle devrait. La pluie ayant cessée, il est décidé de repasser les slicks pour repartir. Nous avons perdu un gros quart d'heure dans l'opération et la course reprend son cours, dans le simple objectif de sauver un maximum de places. 



Le deuxième fait de course qui ruinera nos espoirs de marquer des points dans notre catégorie sera la casse du coupe-circuit subie pendant un relais de Xavier. Après avoir joué du fer à souder, la moto est à nouveau en état de reprendre la piste. Dans ces circonstances nous avons tous le couteau entre les dents, en souhaitant surtout voir le drapeau à damiers. C'est Sébastien qui signera les meilleurs temps de l'équipe et de loin, avec une parfaite régularité.

J'aurai l'honneur de franchir le drapeau à damiers, le timing des relais dans ces circonstances fait que je bouclerai les 20 dernières minutes de course. Néanmoins sur ce type d'épreuve, le départ et l'arrivée restent des moments privilégiés, et je souhaite vraiment remercier l'équipe de m'avoir laissé cette chance que j'ai savourée! 




L'expérience de course dans cette catégorie sera à renouveler, la saison 2018 se dessine petit à petit!


Organisation et Désorganisation




Cette course aura été assez marquante au niveau de l'organisation. La FFM aura pinaillé tout le week-end: 
- un contrôle technique plus que léger, 
- un non respect des horaires de roulages,
- une communication inexistante vers le second paddock et la pré-grille,
- un briefing fait après les essais et qualifications, 
- jusqu'au parc fermé où j'aurai des informations contradictoires au moment de laisser la moto après la course... 
Je pense avoir cumulé le pire de ce que j'ai pu voir sur tous mes autres week-ends de course réunis.




Qu'à cela ne tienne, côté personnel, il en était tout autre. Nous avons reçu de nombreuses visites et de nombreux soutiens... Bien sûr les membres de l'équipe Michel et Aurélie étaient aux petits soins. Mais ils n'étaient pas seuls, car Romain s'était glissé dans la peau de coach, Stéphane dans celle du mécano, Claire à la logistique, Aurélien le pilote de la carotte qui nous aura fait l'assistance après sa course.

Les spectateurs sont également venus nous saluer et nous encourager, les relations Twitter étant souvent plus concrètes qu'on ne le pense! J'en profite donc pour saluer et remercier les parents de Yann, Yohann, Ludo, Samira, FannyIrawner, qui avaient fait le déplacement et qui ont contribué à la réussite de ce week-end.




***