5° Amortisseur de direction

L’amortisseur de direction d’origine est décrit comme étant « asservi à la vitesse ». Ce n’est pas faux dans l’absolu, mais ce n’est pas tout à fait vrai comme on l'entendrait on premier abord. Formulé de cette manière, on s'attend à ce que l’amortisseur soit, par exemple, de plus en plus ferme en fonction de la vitesse.
Concrètement, l’amortisseur est asservi via une électrovanne ouverte / fermée, qui s’active à une certaine vitesse. En résumé, en dessous de 70 km/h l’amortisseur de direction est inactif, et au-delà il l’est. Ceci constitue une évolution comparé aux modèles standards que l’on trouvait sur les modèles précédents, cependant ce n’est pas un véritable pilotage électronique comme c'est sous-entendu.


L’amortisseur de direction, à quoi sert-il ?


Il sert à éviter les guidonnages intempestifs, ou amorces; comportement résultant du reste de la moto (problème de réglages de suspension, angle de chasse trop fermé, etc…) dans une phase donnée. On gardera tous en mémoire le monstrueux guidonnage du 900 CBR noir au Tourist Trophy qui finit sa course dans un muret...
Les guidonnages peuvent être aussi provoqués ou accentués par le pilote qui est trop crispé sur le guidon ou mal positionné. Ce n’est donc pas l’amortisseur ni la moto qui sont en cause.

Pourquoi le remplacer ? Pour un vrai progressif.


Sur des enchaînements rapides / lents, comme c’est le cas sur route ou sur certains circuits, le fait que la moto change de comportement lors de son inscription en virage peut être déroutant. Il est vrai que tout est question d’adaptation, mais cherchant à avoir une moto homogène, j'ai voulu tester l’amortisseur de direction Hyperpro, de type RSC - Reactive Service Control :

Schéma de fonctionnement du RSC - source Hyperpro

Hyperpro est le seul fabriquant à proposer un amortisseur progressif mécanique. C'est-à-dire que lorsque le déplacement de la tige se fait à vitesse constante, il n'y a pas de freinage de la direction. A contrario, sur une sollicitation rapide, le mouvement est freiné. La molette de réglage proposant 24 positions permet de modifier le seuil de sensibilité de déclenchement de ce freinage.


Le montage


Il se monte en lieu et place de l’origine et ne contrarie pas le démontage du réservoir pour les entretiens. Cependant, un montage de type « supérieur » reste possible grâce au kit d’adaptation. Le principal intérêt de ce type de montage est de pouvoir modifier le réglage de l’amortisseur en roulant.


Amortisseur Hyperpro RSC sur GSXR 1000
L’amortisseur d’origine étant relié à une électrovanne, si cette dernière est débranchée du faisceau, il apparaîtra le code défaut suivant : voyant rouge de t° d'eau allumé fixe et message "sd" alternant avec la valeur de température dans l'affichage digital. Certains fabriquants d'amortisseur fournissent le plug prêt à installer, d'autre non (Ohlins oui, Hyperpro également depuis peu). Sans cela, pour éviter d'avoir ce défaut, il suffit de brancher une résistance au faisceau. La valeur indiquée dans le manuel est de 12.5 ohm à 20°C, il faut prendre une résistance de puissance, car les modèles ne passant que 0.25W ne suffisent pas.
Personnellement j'ai récupéré un connecteur d'origine endommagé pour y souder la résistance :


Juste soudé, à gainer proprement.


Et en pratique ça donne quoi ?


A vrai dire, même si le concept théorique du RSC était attrayant, je restais sceptique sur l'intérêt légitime de remplacer l'amortisseur d'origine. Mais forcée de constater que le comportement obtenu est différent, en mieux. Sur les manoeuvres à basse vitesse c'est à peine plus ferme, je n'ai pas trouvé cela handicapant. Les différences notables se font sur les changements d'angles rapides et sur la stabilité à la ré-accélération : c'est sur bitume bosselé ou raccordement que c'est vraiment frappant et particulièrement efficace. Disposant de 24 positions de réglages, on trouve aisément son bonheur.


Pour un usage exclusivement dédié à la piste (piste rapide avec du bon revêtement et non un tourniquet de karting), on pourra préférer un amortisseur linéaire qui propose un freinage continu, permettant des réglages plus extrêmes qui pourraient être handicapants au quotidien.

Pour un moindre coût, il est possible de conserver l'amortisseur de direction d'origine et de remplacer l'huile au profit d'une viscosité supérieure (de la 10W ou 15W contre la 5W d'origine semble être un bon compromis), cela ne remplace pas les possibilités de réglages proposées par les autres marques mais ne coûte qu' 1L d'huile et un peu de minutie.


 
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