23 mai 2017

Des étoiles au Bugatti - Moto GP


Les 19, 20 et 21 mai 2017 se déroulait la 5ème manche des Grands Prix moto, en France sur le mythique tracé du Mans. En 2013, j'avais pu assister à la course de Catalunya sur le circuit de Barcelone. Inutile de préciser quelle ferveur anime les ibériques, pour la moto d'une manière générale, mais plus encore à la vue des nombreux pilotes espagnols présents aux avant-postes. Je n'avais pas eu l'occasion de renouveler l'expérience depuis, jusqu'à ce week-end, grâce à Pierrot qui me cédait gracieusement son ticket! Quelques jours à peine avant le début de l'épreuve, il fallait quand même résoudre certaines problématiques telles que: l'emploi du temps, l'hébergement et le transport. Après quelques contacts, la solidarité motarde était au rupteur: Régis pour un matelas, Émeric pour l'hébergement et Romain & Marine pour le transport, me voilà donc en route pour le Bugatti. Ce vendredi 19 mai, environ un mois après la Women's Cup, le trajet m'aurait presque semblé familierLa route, la quantité de motards sur place, la météo capricieuse; il n'y a aucun doute, nous approchions bien du fief sarthois de la vitesse. 



Un samedi frisquet



Heureux de revoir Émeric le vendredi soir, la nuit aura été courte pour être présents assez tôt au circuit! Sur place cela tournera à une mini rencontre twittos avec Yann dès l'entrée, puis Cindy, Alexis, Fabien, William, Lu et le petit Louis.




Présents avec doudoune et parapluie, le soleil jouait le timide et autorisa même les nuages à libérer quelques gouttes de pluie. Le drapeau de changement d'adhérence présenté par les commissaires de piste pendant les essais aura refroidit les ardeurs de certains pilotes. Basés un temps entre le garage vert et le chemin aux bœufs, puis ensuite à la sortie du musée, le défilement des catégories réservaient son lot de surprise. 
Que ce soit en placement, en repère de freinage, en son, en style de pilotage, en... tout. Même du bord de piste à un point fixe, aucun doute à avoir, nous étions dans la cour des grands, rien ne pouvait surclasser cela. Y compris le prix des consommations sur place, près de 20 euros le burger, 8 le petit déjeuner et 5 la canette de Monster... Mieux valait avoir prévu son ravitaillement sous peine de devoir faire un crédit pour (mal) s'alimenter!





La génie de la lampe


Entre deux séances d'essais, j'ai retrouvé une personne que j'estime beaucoup, qui est très impliquée dans le paddock et qui avait revêtu l'habit du génie de la lampe à mes yeux lorsqu'il m'amène: un pass... le précieux sésame pour accéder aux dessous de la course. Dire que 72h plus tôt je me voyais dans mon canapé devant un player pour suivre les courses, alors que je me retrouvais finalement devant le camion du HRC dans le paddock du Mans. 
Inespéré ou surréaliste sont des faibles mots, et j'ai encore du mal à réaliser! Je croisais des têtes connues et moins connues: des pilotes qui font des aller-retour entre leur box et leur motor-home en scooter en zigzagant au milieu des journalistes et vip, des pilotes retraités - plus ou moins jeunes, des potiches; échangé un sourire avec un ingénieur de chez Michelin en évitant la cohue de fans devant le camion Yamaha. Le temps paraissait suspendu devant l'agitation du melting-pot qui faisait se côtoyer à la fois le sportif de haut niveau et le business man invité, qui voulait juste dire "j'y étais" en faisant le beauf devant la première caméra qu'il croisait. L'appareil photo restait dans ma poche, impossible de tout voir, tout ressentir, et shooter en même temps; je préférais errer pour en prendre plein les yeux et m'imprégner de souvenirs.




Des qualifications hautes en couleurs



Après avoir ravitailler, nous avons retrouvé Lu et fait un petit passage par la loge Shark/Bering: ambiance cosy, vue imprenable sur l'entrée de la courbe Dunlop, sortie des stands, et écran géant à proximité. L'occasion de revoir par hasard et avec plaisir Frédéric, le gagnant du tirage au sort pour le pass des 24h du Mans que j'avais rencontré le mois dernier.
Nous voilà aux premières loges pour suivre la qualifications Moto GP. Au cumul des FP1, FP2 et FP3, un bon nombre de tête d'affiche se voyaient dans l'obligation de passer par la Q1, dont Dani Pedrosa, Jorge Lorenzo, et notre frenchy Johan Zarco. La séance s'annonçait saignante, et elle le fût pour décrocher les deux places de repêchage. Johan Zarco nous aura fait transpirer, ovationné par le speaker et le public à chaque passage, nous étions suspendu au chrono pour le voir accéder à la Q2. Il nous a fait vibrer en Q1, et sauter de joie en Q2 quand il décroche la P2 pour le départ de la course du dimanche. Son chrono en pneus usés laissait présager un bon résultat, c'était chose faite: une première ligne au Grand Prix de France.




Des courses pleines de surprises



Vous connaissez les résultats, la chute collective en moto 3, la baston du jeune Marquez blessé en moto 2, la consécration des rookies Viñales et Zarco en Moto GP quand les piliers sont allés manger du gravier... Ce ne sont pas de ces surprises là dont je veux vous parler, mais des autres. Celles qu'on ne voit pas la télé, où qu'on perçoit trop furtivement. Ma première surprise a été l'affluence dès le début des journées, autant le samedi pour les essais libres que pour les warm up du dimanche. Même si le pic d'affluence demeure pour la catégorie reine, je pensais que la différence serait plus marquée, ce fût une bonne surprise. Dans le même registre, la "ferveur Zarco" est réelle. Le public se lève, l'acclame à chaque passage et scande son nom à chaque apparition. Là aussi, même si le palmarès de ses deux titres en moto 2 est superbe, on sait que le public français est dur voire ingrat, alors pourvu que ça dure! Et cocorico, nos 3 français engagés en Moto GP auront fini la course et marqué des points, respectivement 20, 7 et 1 pour Johan Zarco, Loris Baz et Sylvain Guintoli. On ne peut qu'admirer les pilotes qui donnent tout sur la machine, même avec une moto en retrait. A chaque tour on peut constater qui a fait l'effort ou non, sans subir le choix du montage prévu pour la diffusion télévisée.
Du côté des mauvaises surprises, cela n'en est pas vraiment une, mais ne peut pas être passée sous silence. Réunir plus de 100 000 personnes n'est pas un exercice simple, surtout sur plusieurs jours. Néanmoins, il y a des points poubelle partout, est-ce si compliqué de ramasser ses déchets et les déposer 50 mètres plus loin sur le trajet de la sortie du circuit ? Il suffit d'attendre un peu les départ de la masse pour se rendre compte de l'état des terrains et de la quantité de détritus laissés... On imagine aisément les heures de nettoyage nécessaires après une telle manifestation. Dans le même registre, quand le public siffle ou hue un pilote, ou applaudit quand il tombe; on ne va pas tarder à atteindre le niveau des "petits" supporters de foot... c'est triste.
Pour revenir au côté sportif de la course, on regrettera la transparence de Fabio Quartararo, que le public ignore et inversement. Pourtant titulaire sur tout le championnat moto 2, quand Sylvain Guintoli "simple" remplaçant sur la Suzuki était heureux d'être là et le rendait bien. Dernier point, le manque d'informations sur certains écrans géants, en matière de chrono et d'écarts en live, pour mieux suivre la course comme on peut le faire avec un live timing.


Du rêve, encore et toujours



Le Moto GP, le plus haut niveau de compétition moto avec des prototypes et des pilotes au sommet de leur art. C'est beau à voir et à ressentir, qui n'a pas frissonné aux passages des cadors? Merci pour ces moments magiques messieurs les pilotes, merci pour ces supers moments les amis, et tous les anonymes qui attendent les passages des motos sur le bord des routes. N'arrêtez pas; car arrêter de rêver, arrêter de vivre sa passion, est la mort de l'âme.

***